Chroniques et pensées littéraires de Rida Lamrini. Un regard humaniste et universel sur l'âme humaine et nos sociétés.
Literary chronicles and thoughts by Rida Lamrini. A humanist and universal look at the human soul and our societies.

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vendredi 24 juillet 2026

Pourquoi ai-je écrit Aux portes des étoiles


Lorsque j’ai refermé Tant que je peux te dire je t’aime, beaucoup auraient pu penser que l’histoire était terminée. Après tout, un roman a une fin. On écrit le dernier mot. On ferme le manuscrit. Et l’on passe à autre chose. C’est du moins ce que je croyais.

Mais, pendant que les lecteurs découvraient le destin de Rayan, une question continuait de m’accompagner. Une question simple : que devient un homme lorsqu’il a survécu à l’épreuve… mais que ceux qu’il aime doivent désormais apprendre à vivre avec son absence ?

Très vite, j’ai compris que je n’avais pas écrit la fin d’une histoire. J’avais seulement refermé un chapitre.

Car un autre personnage demandait déjà sa place.

Salim.

J’aurais pu raconter une nouvelle aventure. Créer un nouveau décor. Inventer de nouveaux conflits. Mais ce n’était pas cela qui m’intéressait. Ce qui me fascinait, c’était la transmission. Que reste-t-il d’un père dans la vie de son fils ? Que transmet-on sans même le vouloir ? Nos valeurs ? Nos blessures ? Nos silences ? Nos regrets ?

En commençant Aux portes des étoiles, je ne voulais pas écrire une suite. Je voulais changer de regard.

Le premier roman racontait principalement l’histoire d’un homme. Le second allait devenir celle d’un fils confronté à une absence dont personne ne connaît véritablement la nature.

Car il existe des disparitions qui empêchent le deuil.

Comment continuer à vivre lorsque l’on ignore si celui que l’on aime reviendra un jour ? Comment accepter une perte que rien ne confirme ?

Cette question m’a longtemps habité. Elle est devenue le cœur du roman.

À mesure que j’écrivais, je me suis aperçu qu’Aux portes des étoiles parlait moins de disparition que d’espérance. Cette étrange capacité de l’être humain à continuer d’attendre, même lorsque la raison lui souffle d’abandonner.

C’est sans doute pour cela que ce roman est profondément différent du premier. Il ne raconte pas seulement une nouvelle étape de la vie de mes personnages. Il explore ce que devient une famille lorsque l’absence s’installe et refuse de dire son dernier mot.

Avec le recul, je comprends que je n’ai jamais vraiment choisi d’écrire Aux portes des étoiles. Ce sont ses personnages qui sont venus me chercher. Ils avaient encore quelque chose à dire.

Et tant que leur histoire n’était pas achevée, la mienne, en tant qu’écrivain, ne pouvait pas l’être non plus.


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vendredi 17 juillet 2026

L'amour, à marée basse

Illustration de la chronique « L'amour, à marée basse » : deux silhouettes face à la mer.

Il est des ruptures qui s’annoncent longtemps à l’avance. On les voit approcher dans les silences, les regards qui se détournent et les gestes qui deviennent mécaniques.

Et puis il y a les autres, celles qui tombent sur une vie comme une pluie d’été sur un ciel sans nuage. Du moins le croit-on. Après une rupture, la mémoire devient un étrange tribunal, cherchant le moment précis où tout a basculé. On voudrait pouvoir dire :

« C’est là. C’est ce jour-là que nous nous sommes perdus. »

Beaucoup d'histoires d'amour ne s'achèvent pas dans une crise spectaculaire. Elles se défont lentement, au fil des incompréhensions, jusqu'au jour où deux êtres ne donnent plus le même sens aux mêmes gestes.

Quand deux êtres ne racontent plus la même histoire

Pourtant, elles obéissent souvent au même mystère. Deux êtres, ou deux vies, continuent quelque temps à avancer côte à côte… jusqu’au jour où ils ne racontent plus la même histoire.

Ils vivaient dans deux pays différents. Leur relation se nourrissait d’appels, de messages et de voyages. Comme tant d’autres, ils croyaient que les années les protégeraient de l’inattendu.

Puis vinrent les malentendus, les incompréhensions et ces mots qui dépassent parfois la pensée. Les reproches devinrent plus fréquents.

Il les accueillait avec patience. Jusqu’alors, ils avaient toujours surmonté leurs disputes.

À force de survivre aux tempêtes, on finit par se croire invincible. C’est oublier que les histoires s’achèvent rarement sous l’effet des grandes vagues. Elles s’usent plus souvent à marée basse.

Le jour où tout semblait encore ordinaire

Le matin où tout bascula ressemblait à tous les autres. Il prit simplement son téléphone. Il avait envie de l’entendre. Rien de plus qu’un appel ordinaire.

Elle décrocha.

Il commença naturellement par parler de lui : quelques événements sans importance, des détails du quotidien.

Elle l’interrompit.

— Tu m’appelles et tu commences encore par parler de toi. Tu ne cherches même pas à savoir comment je vais. Tu ne te demandes jamais ce dont j’ai besoin.

Il resta silencieux. Il ne comprenait pas. Il racontait simplement sa vie avant d’écouter la sienne, comme il l’avait toujours fait.

Ils ne se disputaient pas sur les faits, mais sur leur signification. Ils parlaient de la même conversation, mais ils ne lui donnaient plus le même sens.

Il aurait pu répondre. Il ne le fit pas.

Était-ce la fatigue, la lassitude ou le sentiment d’être jugé ? Il ne le sut jamais.

Il ne se mit pas en colère. Il mit fin à la conversation.

Pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, il renonçait à convaincre. Peut-être venait-il surtout de renoncer à être compris.

Quand le silence change de nature

Il croyait ce silence semblable aux précédents. Pourtant, quelque chose en lui pressentait déjà qu’il disait autre chose.

Deux jours plus tard, il l’appela. Elle ne répondit pas. Il attendit le lendemain. Toujours rien. Il essaya une troisième fois, sans davantage de succès.

Il ne s’affola pas. Ils avaient déjà traversé de semblables silences et s’étaient toujours retrouvés.

Les jours passèrent. Le téléphone demeura muet. Cette fois, il se demanda si ce silence n’était pas d’une autre nature.

Comment une relation qui avait traversé tant d’années pouvait-elle s’effondrer à cause d’une conversation aussi banale ? Cela lui paraissait impossible. Ils avaient traversé ensemble plusieurs épreuves ; il croyait leur solidarité indestructible.

Puis un document administratif qu’il attendait arriva chez elle. Elle n’eut d’autre choix que de l’en informer.

— Ton document est arrivé.

Rien d’autre. Aucun de ces mots qui disent encore : « Nous sommes ensemble. » Seulement une information.

Pour la première fois, il eut le sentiment qu’elle ne lui écrivait plus parce qu’elle en avait envie, mais parce que les circonstances l’y obligeaient.

Il hésita un instant, puis l’appela. Officiellement, pour parler du document. En réalité, pour retrouver le lien.

Elle répondit. Sa voix était calme, polie, mais elle semblait venir de très loin.

Ils parlèrent du document quelques instants. Il attendait autre chose. Elle ne semblait attendre que la fin de l’appel. Alors, presque malgré lui, il glissa une phrase étrangère au document.

— Je ne me sens pas très bien en ce moment. Je suis un peu malade.

Il ne cherchait pas à attirer la compassion. Il voulait seulement entendre la question qui, autrefois, serait venue naturellement. Quelques mots qui lui auraient rappelé qu’il comptait encore à ses yeux.

Mais il n’y eut rien de tout cela. Elle répondit simplement :

— J’espère que tu iras mieux.

Puis le silence revint. Elle ne demanda rien de plus.

Il comprit alors que quelque chose avait profondément changé. Non parce qu’elle avait cessé de lui parler, mais parce qu’elle avait cessé de s’intéresser à ce qui lui arrivait. Ce jour-là, il découvrit qu’il existe une différence immense entre parler à quelqu’un… et compter encore à ses yeux.

Ce qui s'éteint avant l'amour

Il raccrocha sans colère.

Il comprit qu’il pourrait longtemps chercher une explication, sans rien changer à ce qui venait d’avoir lieu. Lorsqu’un même geste ne raconte plus la même histoire pour deux êtres, ils cessent peu à peu d’habiter le même monde.

Avec le temps, il cessa de chercher qui avait eu raison. Il accepta qu’une histoire puisse s’achever sans que l’on puisse désigner le véritable instant de sa fin.

Peu à peu, il comprit que cette histoire n’était pas seulement la leur. Elle disait quelque chose de notre condition humaine.

Longtemps après, lorsqu’il entendit dire qu’un couple s’était séparé « à cause d’une simple dispute », il ne put s’empêcher de sourire. Il n’y croyait plus vraiment. Les disputes ne détruisent pas les histoires. Elles révèlent ce qui était déjà en train de se fissurer.

Peut-être qu’une rupture commence le jour où deux êtres cessent de donner le même sens aux gestes qu’ils accomplissent encore ensemble.

Ce que la marée basse révèle

Les semaines passèrent. Il ne chercha plus à la convaincre. Il avait compris qu’on ne ramène pas quelqu’un qui est déjà parti intérieurement.

On peut répondre aux reproches. On ne répond jamais à l’indifférence.

Les premiers jours furent étranges. Le matin, sa main se dirigeait encore machinalement vers son téléphone. Il lui arrivait de vouloir partager une photographie, une pensée, une anecdote, avant de se rappeler qu’il n’y avait plus personne à qui envoyer ces fragments de vie.

Les habitudes ont une mémoire plus tenace que les sentiments.

Ce n’est pas l’absence qui surprend. C’est le réflexe qui lui survit.

Parfois, sans même s’en apercevoir, deux êtres perdent le chemin qui les ramenait l’un vers l’autre.

Un amour ne meurt pas en un instant. Il s’éloigne imperceptiblement, comme la mer qui se retire sans qu’on remarque d’abord que le sable gagne du terrain.

Puis vient un jour où l’on lève les yeux, et l’eau s’est déjà retirée. Peut-être que leur appel n’avait rien détruit. Peut-être avait-il seulement révélé une distance ancienne.

Bien des mois plus tard, il repensa à cette dernière conversation avec une forme de tendresse.

Ce n’était peut-être pas le moment où deux êtres cessent de s’aimer, mais celui où ils cessent d’habiter la même histoire.

Longtemps, il crut que cette rupture marquerait la fin d’une histoire.

Il se trompait.

Ce n’était pas une fin. C’était un seuil.

Le temps poursuivit son œuvre. La vie reprit son cours. Il continua d’écrire, de lire, de travailler.

Pourtant, quelque chose avait changé. Ce n’était plus l’absence, mais le regard qu’il portait désormais sur sa propre vie.

Pour la première fois depuis longtemps, il se demanda non pas ce qu’il avait perdu… mais ce qu’il lui restait à inventer.

Ce n’était ni un regret ni un espoir. C’était peut-être cela, la liberté.

Devait-il continuer à vivre comme avant, simplement parce qu’il avait toujours vécu ainsi ?

Il lui restait cette intuition, discrète mais persistante : certaines histoires ne s’achèvent pas pour nous punir.

Elles s’achèvent parce qu’elles ont conduit les êtres aussi loin qu’elles le pouvaient.

Ensuite, il appartient à chacun de choisir : rester sur le rivage à contempler la mer qui s’est retirée… ou avancer vers ce que la marée basse révèle enfin.

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Si cette réflexion sur les liens humains vous a touché, vous retrouverez ces mêmes interrogations au cœur de mes romans :

👉 Découvrez mes romans et mon univers d'auteur sur le site officiel Rida Lamrini

 

lundi 6 juillet 2026

Pourquoi Pardon est-il le mot le plus difficile à prononcer ?

Il existe des mots qui ouvrent une vie. D'autres qui la bouleversent. Et puis il y a celui-là : pardon. Deux syllabes seulement. Pourtant, elles semblent parfois plus lourdes que toutes les explications du monde.

En écrivant ma fresque romanesque, je me suis souvent interrogé sur les mots. Ceux qui rapprochent. Ceux qui éloignent. Ceux qui guérissent. Et ceux qui blessent. J'ai vu mes personnages chercher les phrases justes, tenter de s'expliquer, se heurter à l'incompréhension, s'enfermer dans le silence. À mesure que leurs dialogues prenaient forme, une évidence s'est imposée à moi : lorsque tous les mots ont échoué, il en reste parfois un seul.

Pardon.


Pourquoi est-il si difficile à prononcer ?

Peut-être parce que demander pardon, ce n'est pas seulement reconnaître une erreur. C'est déposer son orgueil. Renoncer, un instant, à vouloir avoir raison. Accepter que l'autre ait souffert et reconnaître sa part de responsabilité. Ce geste demande plus de courage qu'on ne l'imagine.

Nous préférons souvent expliquer, justifier, minimiser. Nous invoquons les circonstances, les malentendus, les intentions. Nous espérons que le temps réparera ce que nous n'avons pas eu le courage d'affronter. Mais le temps ne répare pas tout. Il arrive même qu'il durcisse les silences.

Puis vient un moment où les explications ne suffisent plus. Les arguments s'épuisent. Les justifications perdent leur sens. Les regards s'évitent. Les ponts se fragilisent. On cherche encore les mots capables de réparer ce qui s'est brisé… et l'on découvre qu'ils ne fonctionnent plus.

Il n'en reste plus qu'un.

Pardon.

Ce mot ne réécrit pas le passé. Il n'efface pas les blessures. Il ne garantit pas le retour de la confiance. Mais il accomplit quelque chose d'essentiel : il rouvre une porte que l'orgueil avait condamnée. Il dit simplement : je reconnais ta douleur. Et parfois, c'est déjà le premier pas vers une réconciliation.

Au fil de l'écriture, je me suis rendu compte que cette idée revenait sans cesse. Comme si mes personnages cherchaient tous, chacun à leur manière, ce dernier mot capable de traverser les malentendus, les blessures et les années de silence. Je n'avais pas décidé d'écrire sur le pardon. C'est lui qui s'est imposé à moi.

Je me demande souvent combien de familles auraient été épargnées par des années de silence si quelqu'un avait trouvé le courage de prononcer ce mot plus tôt. Combien d'amitiés auraient survécu. Combien d'amours auraient repris leur souffle.

Le pardon est peut-être le mot le plus difficile à dire. Mais il est aussi celui qui porte la plus grande espérance. Car il arrive un moment où nous avons tout essayé : les explications, les justifications, les reproches, les silences.

Quand tout cela a échoué…

Il reste encore un mot.

Pardon.

Et parfois, ce seul mot suffit à remettre une vie en mouvement.


samedi 4 juillet 2026

Ces mots qui changent une vie

Il nous arrive tous de croire que les grands tournants de l'existence sont provoqués par des événements exceptionnels. 

Une naissance. 

Une rencontre. 

Un départ. 

Une réussite. 

Un échec.

Et pourtant…

Avec le temps, je suis de plus en plus convaincu que certaines vies basculent à cause de beaucoup moins que cela. À cause d'un mot. Ou, plus exactement, à cause d'un mot prononcé… ou jamais prononcé.

Merci

Je t'aime

Pardon

Je suis fier de toi

Reste.

Ces mots paraissent dérisoires. Ils ne coûtent rien. Ils prennent une seconde à dire. Et pourtant, ils peuvent réparer ce que des années de silence ont fragilisé. À l'inverse, leur absence laisse parfois des blessures qui ne se referment jamais complètement.

Combien de parents ont aimé leurs enfants sans jamais le leur dire ? Combien d'enfants ont attendu toute une vie un simple signe de reconnaissance ? Combien d'amitiés se sont éteintes faute d'une explication ? Combien de couples se sont éloignés parce que chacun attendait un mot que l'autre croyait inutile ?

Nous parlons beaucoup. Nous échangeons des milliers de messages. Nous publions des centaines de mots sur les réseaux sociaux. Mais les mots qui comptent vraiment sont souvent ceux que nous remettons à plus tard. Comme si nous avions tout le temps. Comme si l'autre savait déjà. Comme si certaines évidences n'avaient pas besoin d'être dites.

Pourtant, elles ont besoin d'être entendues.

J'ai souvent pensé que les silences étaient plus lourds que les paroles. Aujourd'hui, je crois surtout que certains silences sont faits de mots absents. Des mots qui n'ont jamais trouvé le courage de franchir les lèvres. Des mots retenus par pudeur. Par orgueil. Par peur d'être mal compris. Ou simplement parce que nous pensions qu'il serait toujours temps de les dire demain.

Mais demain possède une étrange habitude. Il arrive parfois trop tard.

Alors les regrets prennent la place des mots. Et l'on se surprend à refaire, en pensée, des conversations qui n'auront jamais lieu. À imaginer des phrases que l'on aurait voulu prononcer. À espérer entendre des mots qui ne viendront plus.

Je ne crois pas que les mots résolvent tout. Ils ne guérissent pas toutes les blessures. Ils ne réparent pas toutes les injustices. 

Mais ils ont un pouvoir extraordinaire : celui de reconnaître l'autre. De lui dire qu'il existe. Qu'il compte. Qu'il est vu. Qu'il est aimé. Qu'il est pardonné. Ou simplement qu'il n'est pas seul.

C'est peut-être cela, la véritable force des mots. Ils ne changent pas toujours les événements. Ils changent la manière dont nous les traversons. Et parfois…

Cela suffit à changer une vie.

Alors, s'il y a un mot que vous remettez à demain…

Un merci. Un pardon. Un je t'aime. Un je suis là.

Ne le gardez pas trop longtemps en vous.

Parce que nous ignorons toujours lequel de ces mots deviendra, un jour, le plus précieux souvenir de celui qui l'aura entendu.


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mardi 30 juin 2026

Quand un roman échappe à son auteur

Il y a des messages qui vous surprennent parce qu'ils arrivent sans prévenir.

Celui-ci tenait en une seule ligne :

« Bonjour, nous sommes 19 à commander votre livre. »

Je l'ai relu plusieurs fois. Non pas parce que je ne comprenais pas le message, mais parce que j'essayais d'imaginer ce qu'il cachait.

Qui étaient ces dix-neuf personnes ? Pourquoi avaient-elles décidé de lire le même roman en même temps ?

Je leur ai répondu presque aussitôt. Je voulais surtout savoir où elles vivaient et quel était ce club de lecture qui avait décidé de partager la même aventure. Quelques minutes plus tard, j'ai découvert qu'elles appartenaient à un club de lecture de Rabat.

Je ne les connais pas. Elles ne me connaissent pas non plus.

Et pourtant, j'ai eu le sentiment que mon roman venait de franchir une nouvelle étape.

Dans quelques jours, dix-neuf lectrices ouvriront Tant que je peux te dire je t'aime. Elles feront connaissance avec Rayan. Certaines seront peut-être touchées par son histoire, d'autres s'attacheront à un personnage secondaire. Il y aura sans doute des désaccords, des interprétations différentes, des émotions qui ne seront pas les mêmes.

Car dès l'instant où un livre s'ouvre, quelque chose d'étrange se produit.

Le roman cesse de nous appartenir. Il commence une autre vie.

Les lecteurs découvrent un autre roman

Quand on écrit un livre, on croit savoir ce que l'on raconte. On pense connaître ses personnages, ses thèmes, ses intentions. On croit avoir déposé entre les pages ce que l'on avait à dire.

Puis vient le temps des lecteurs.

Depuis la parution de Tant que je peux te dire je t'aime, je reçois des témoignages qui me surprennent souvent. Non seulement parce qu'ils sont bienveillants, mais surtout parce qu'ils me révèlent mon propre livre sous un jour nouveau.

Une lectrice m'a confié avoir retrouvé, dans ces pages, une émotion qu'elle croyait perdue depuis longtemps. D'autres y ont vu une réflexion profonde sur le pardon, la mémoire et les mystères familiaux. Ils ont parlé d'une œuvre qui se situe « entre l'introspection personnelle et une enquête intrigante », où l'écriture et les relations humaines prennent « une dimension mystique ».

Je n'avais pas consciemment pensé mon roman en ces termes. Pourtant, en les lisant, j'ai eu le sentiment qu'ils avaient vu quelque chose qui m'avait échappé.

Certains ont parlé d'espoir. On m'a écrit qu'il s'agissait d'« une ode à l'espoir » destinée à celles et ceux qui peinent à voir le bout du tunnel. En écrivant ce roman, j'étais davantage habité par la perte, la quête et les blessures de l'existence que par l'idée d'un message d'espérance.

Et pourtant, à travers le parcours de Rayan, plusieurs lecteurs ont perçu une invitation à continuer de croire en l'amour malgré les épreuves, avec une intensité émotionnelle que je n'avais pas mesurée moi-même.

D'autres encore ont insisté sur la délicatesse de l'écriture, la nostalgie de Casablanca, la quête de vérité ou la résonance poétique de certaines pages. L'un d'eux est même allé jusqu'à écrire un poème. Un autre a composé une chanson inspirée du roman.

Quel plus beau destin pour un livre ?

Le plus beau mystère de la littérature

À chaque fois, je me fais la même réflexion : le livre que j'ai écrit n'est déjà plus tout à fait celui que les lecteurs lisent.

C'est à ce moment-là que je comprends qu'un roman n'est jamais terminé lorsque son auteur pose le point final. Il commence réellement à vivre lorsqu'un lecteur l'ouvre.

Ces témoignages m'ont rappelé une chose essentielle : un roman est toujours plus vaste que l'intention de son auteur. L'écrivain écrit avec son vécu, ses blessures, ses lectures et ses intuitions. Le lecteur, lui, arrive avec sa propre histoire, ses manques, ses espérances et ses souvenirs. Il éclaire certaines pages d'une lumière que l'auteur lui-même n'avait pas vue.

C'est peut-être là le plus beau mystère de la littérature.

L'écrivain croit écrire un livre. Les lecteurs lui révèlent, parfois longtemps après, qu'il en a écrit un autre, plus vaste, plus profond, qu'il ne soupçonnait pas lui-même.

C'est la plus belle récompense qu'un auteur puisse recevoir : voir son roman devenir un véritable lieu de rencontre entre ses personnages et des inconnus qui, le temps d'une lecture, partagent une même émotion.

Ou, comme ce sera bientôt le cas à Rabat, entre dix-neuf lectrices qui ouvriront le même livre et qui, quelques jours plus tard, n'auront probablement pas lu le même roman.

Et c'est précisément ce qui me réjouit.

Un roman n'est jamais achevé le jour de sa publication.

Il continue de s'écrire dans le regard de ceux qui le lisent.


📚 Pour prolonger la lecture...

Autour de Tant que je peux te dire je t'aime

✍️ Dans L'Atelier de l'écrivain

Et vous ? Si vous avez lu Tant que je peux te dire je t'aime, qu'avez-vous vu dans ce roman que je n'ai peut-être pas vu moi-même ? Je serai heureux de vous lire en commentaire.

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vendredi 26 juin 2026

Bienvenue dans mon atelier d'écrivain

Entrez… mais ne faites pas attention aux virgules qui traînent.

Je vous préviens : mon atelier est dans un état… disons… créatif.

Ne faites pas attention aux feuilles éparpillées sur le bureau. Ni à celles qui ont glissé sur le sol. Évitez également de poser votre coude sur cette pile de cahiers ; elle menace de s'effondrer depuis plusieurs semaines.


Attendez… laissez-moi d'abord vous montrer les lieux.

Je vais déplacer cette tasse de café. Et celle-ci aussi. Et peut-être celle-là.

Voilà.

Je crois avoir trouvé une chaise.

Asseyez-vous.

Le chat ne bougera pas. Il considère manifestement que ce fauteuil lui appartient davantage qu'à moi.

Vous êtes venu visiter mon atelier. Je vous dois donc une première confession.

Je ne suis pas certain d'être toujours un écrivain raisonnable.

Plus les années passent, plus je soupçonne même le contraire.

J'ai développé quelques habitudes que mon entourage qualifierait probablement de manies et que, de mon côté, je préfère appeler… des exigences littéraires.

Il m'arrive, par exemple, de consacrer davantage de temps à une phrase de trois lignes qu'à la préparation de mon petit-déjeuner.

Les petites manies d'un écrivain

Il m'arrive de passer vingt minutes à hésiter entre deux adjectifs.

Il m'arrive de supprimer un paragraphe, de le réécrire, puis de remettre exactement celui que j'avais supprimé.

Il m'arrive aussi de relire une page le soir, de la trouver excellente et de la reprendre le lendemain avec la ferme intention de la refaire entièrement.

Et il m'arrive même de me regarder travailler avec une certaine perplexité.

Je déplace une virgule. Puis je la remets à sa place initiale. Je change un mot. Je le trouve finalement moins bon que le précédent. Je relis une phrase dix fois pour vérifier qu'elle respire correctement.

À la fin de l'opération, je suis épuisé.

Et le texte a gagné… trois mots. Et perdu une virgule.

La comédie silencieuse de l'écriture

Je soupçonne qu'un grand nombre d'écrivains vivent cette même comédie silencieuse.

Nous avons nos petites manies.

Nous parlons à nos personnages.

Nous doutons d'une page pourtant réussie.

Nous traquons des répétitions que personne d'autre ne remarque.

Nous continuons à polir un texte alors qu'il est peut-être déjà prêt à vivre sa vie.

Une négociation permanente

Pourquoi ?

Parce qu'au fond, écrire n'est pas seulement raconter une histoire.

C'est aussi mener une négociation permanente avec soi-même.

Faut-il supprimer cette phrase ? Garder ce paragraphe ? Remplacer ce mot ? Ajouter une précision ? Déplacer cette virgule ?

Cette négociation est parfois drôle, parfois épuisante, mais elle fait partie du voyage. Elle est même l'une des joies secrètes de l'écriture.

D'ailleurs, êtes-vous toujours intéressé par mon atelier ?

Si vous avez tenu jusque-là sans prendre la fuite, alors revenez me voir. Dans cet atelier, nous parlerons de la naissance des romans, de ces idées minuscules qui finissent parfois par devenir des livres de plusieurs centaines de pages.

Nous parlerons aussi des personnages : de ceux qui obéissent docilement à leur auteur et de ceux qui, sans prévenir, décident de mener leur propre vie.

Je vous montrerai mes méthodes de travail, mes hésitations, mes impasses, mes petits rituels et quelques découvertes glanées au fil des années.

Nous nous demanderons ensemble comment écrit-on un roman, comment naît une intrigue, pourquoi certaines histoires s'imposent à nous et pourquoi d'autres refusent obstinément de se laisser écrire.

Et, de temps en temps, je vous ouvrirai quelques tiroirs supplémentaires de cet atelier, ceux où se cachent les doutes, les surprises et quelques secrets d'écriture.

La septième virgule

Mais avant d'aller plus loin, je préfère vous avertir.

Si un jour vous lisez l'un de mes romans, dites-vous qu'il existe peut-être, quelque part dans ses pages, une virgule qui a été déplacée six fois avant de trouver sa place définitive.

Et si, par hasard, vous la trouvez, ne me le dites surtout pas.

Je risquerais d'avoir envie de la déplacer une septième fois.

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vendredi 19 juin 2026

Les textes qui ont précédé l’écriture de Tant que je peux te dire je t’aime

Lorsqu’un roman paraît, on a souvent l’impression qu’il est né d’un seul élan, comme s’il avait surgi de nulle part.
La réalité est bien différente.

Un roman se prépare longtemps avant que sa première phrase ne soit écrite.

Il germe silencieusement. Il avance à pas feutrés. Il s’annonce parfois par de simples intuitions, quelques images fugitives, des personnages encore sans nom, des questions qui s’installent en nous sans que nous sachions pourquoi.



Avec le recul, je me rends compte que Tant que je peux te dire je t’aime ne s’est pas imposé brusquement à moi.

Il était déjà là.

Je ne le savais simplement pas.

Bien avant d’entreprendre son écriture, j’avais publié ici et là de courts textes, des chroniques, des billets d’humeur, des récits inspirés de souvenirs, de rencontres ou d’interrogations sur les relations humaines.

À l’époque, je les considérais comme des textes indépendants.

Aujourd’hui, je les regarde autrement.

Je les vois comme les premiers battements de cœur d’un roman qui n’avait pas encore trouvé son nom.

Il y avait déjà l’amour et ses incertitudes.

Il y avait déjà la fragilité des liens humains.

Il y avait déjà la mémoire, les séparations, les départs, les rendez-vous manqués, les blessures qui ne cicatrisent jamais complètement et ces sentiments que le temps ne parvient ni à effacer ni à expliquer.

Il y avait déjà cette question qui traverse une grande partie de mon roman : pourquoi certains êtres, malgré les épreuves, les silences ou les distances, continuent-ils à habiter notre vie intérieure ?

En relisant ces anciens textes, je m’aperçois qu’ils formaient une sorte de constellation.

Chaque texte était une étoile.

Pris isolément, aucun d’eux ne racontait Tant que je peux te dire je t’aime.

Mais ensemble, ils dessinaient déjà son ciel.

Ils parlaient du désir, de la passion, de la beauté des rencontres, mais aussi de leur fragilité. Ils parlaient des départs, de l’absence, de la nostalgie et de cette étrange manière qu’ont certains souvenirs de continuer à vivre en nous.

Je comprends aujourd’hui que le roman s’est nourri de tout cela.

Il s’est nourri de ces fragments d’existence, de ces émotions observées ou ressenties, de ces interrogations que je portais en moi sans encore leur avoir donné une forme romanesque.

Peut-être est-ce là le mystère de l’écriture.

Nous croyons écrire des textes indépendants.

En réalité, il arrive qu’ils se parlent secrètement entre eux.

Ils s’appellent, se répondent et finissent par converger vers une œuvre dont nous ignorons encore l’existence.

Tant que je peux te dire je t’aime est né ainsi.

Il n’est pas apparu soudainement.

Il a été précédé, presque annoncé, par toute une série de textes qui, rétrospectivement, ressemblent aux premiers chapitres invisibles du roman.

En les relisant aujourd’hui, j’ai le sentiment de retrouver les traces du chemin qui m’a conduit jusqu’à lui.

Comme si, sans le savoir, j’étais déjà en train d’écrire ce roman bien avant d’avoir commencé à l’écrire.



Les textes qui ont précédé l’écriture du roman

Avec le recul, je me rends compte que certains textes publiés au fil des années annonçaient déjà, sans que je le sache, les thèmes qui allaient irriguer Tant que je peux te dire je t’aime : l’amour, la mémoire, l’absence, le désir, les départs et les blessures qui continuent à vivre en nous.


Pour découvrir le roman :

👉 Lire le roman sur le site officiel

👉 Retour au blog

Pourquoi ai-je écrit Tant que je peux te dire je t’aime

Faut-il qu’un écrivain explique les raisons qui l’ont poussé à écrire un roman ?
Je n’en suis pas certain.

Beaucoup d’auteurs ne se prêtent jamais à cet exercice. D’autres le font au détour d’un entretien ou d’une rencontre avec leurs lecteurs.

Et pourtant, aujourd’hui, j’éprouve le besoin de répondre à une question qui m’a été souvent posée : pourquoi ai-je écrit Tant que je peux te dire je t’aime ?



Un roman né sans préméditation

Je dois d’abord faire un aveu. Je n’ai jamais planifié l’écriture de ce roman. Je ne me suis jamais levé un matin en me disant : « Je vais écrire cette histoire. » Je ne sais même pas exactement à quel moment j’ai emprunté ce sentier.

L’écriture est parfois ainsi. Elle s’impose à nous avant même que nous en comprenions les raisons.

J’ai toujours soutenu que l’écriture n’est pas réservée à quelques élus que l’on appelle écrivains ou romanciers. Je suis convaincu que chacun porte en lui quelque chose à partager, à dire ou à exprimer.

J’ai également toujours encouragé la lecture. Lire et écrire sont, à mes yeux, deux exercices intimement liés. En lisant, nous découvrons des univers, nous apprenons, nous réfléchissons, mais nous découvrons aussi les ressorts et les mécanismes de l’écriture. La lecture prépare l’écriture, tout comme l’écriture se nourrit des lectures.

L’écriture comme catharsis

On dit que l’écriture est une forme de catharsis. Je le crois profondément.

Écrire, c’est parfois confier à des pages ce que l’on ressent, ce que l’on a vécu ou ce que l’on a vu d’autres vivre. La littérature permet alors d’approcher ce que les sciences exactes et les analyses les plus rigoureuses peinent souvent à dévoiler : les sentiments humains, les émotions, les fractures intérieures, les interactions complexes entre les êtres.

Si ce roman est né, c’est sans doute sous le poids de certaines épreuves, de certaines cicatrices et des difficultés qu’elles laissent derrière elles.

Je sais bien que ces épreuves n’ont rien d’exceptionnel. Des millions d’êtres humains les connaissent à travers le monde. Mais j’ai pris la plume pour essayer de les cerner, de les éclairer et, autant que possible, de les comprendre.

Nous sommes souvent démunis devant certaines fractures qui brisent des foyers, distendent des liens que l’on croyait indestructibles et éloignent des êtres qui étaient supposés être les plus proches les uns des autres.

Ce roman est-il autobiographique ?

Cette question m’a été posée à d’innombrables reprises.

Ma réponse est non.

Tant que je peux te dire je t’aime n’est ni le récit de ma vie ni celui de mes expériences personnelles.

J’ai toujours pensé que raconter sa propre existence n’avait, en soi, que peu d’intérêt pour les autres.

Et pourtant, voilà le paradoxe de la littérature.

Les vies individuelles n’intéressent pas nécessairement les lecteurs. En revanche, ce qui les touche profondément, ce sont les émotions, les questionnements et les épreuves qu’ils reconnaissent en eux-mêmes. Le véritable travail du romancier consiste précisément à parler de ce qui renvoie chacun à son propre vécu et l’aide à mieux le comprendre.

Parler aussi des sujets tabous

Le cœur de ce roman se nourrit d’épreuves, de peines et de conflits que connaissent tant de familles.

J’ai également choisi d’aborder des sujets qui demeurent tabous dans beaucoup de sociétés. Certaines osent les affronter. D’autres préfèrent les ignorer.

Et les premières victimes de ces tabous sont ceux qui en subissent les conséquences.

Ai-je voulu leur rendre justice ? Peut-être. Mais il ne peut s’agir que d’une justice littéraire, avec l’espoir que certaines prises de conscience puissent émerger ou se renforcer.

Pourquoi ce titre ?

Je dois avouer que je n’ai jamais été particulièrement habile lorsqu’il s’agit de trouver un titre à mes romans.

Mais cette fois, il ne s’est rien passé de tout cela.

Au cours de l’écriture, une phrase est apparue :

Tant que je peux te dire je t’aime.

Elle m’a littéralement sauté au visage.

Je ne la cherchais pas. Je ne l’avais pas préméditée. Elle a jailli de l’histoire elle-même.

Et immédiatement, j’ai su.

Je n’avais pas besoin de réfléchir davantage ni de comparer avec d’autres possibilités. C’était ce titre et pas un autre.

Parce qu’il disait tout à la fois : l’amour, sa fragilité, le drame de certaines séparations, les épreuves qui distendent ou brisent les relations humaines, mais aussi cette beauté qui subsiste tant qu’il est encore possible de dire à l’autre : « Je t’aime ».

Ce titre ne m’est pas venu de l’extérieur. Il s’est imposé à moi.

Pourquoi le roman plutôt que l’essai ?

J’ai écrit des essais et je continue à considérer cette forme d’écriture comme indispensable. Mais je la réserve généralement à des sujets politiques, à des questions de société ou à des thématiques qui appellent une réflexion structurée et des prises de position assumées.

Le roman appartient à un autre univers.

Il offre une liberté extraordinaire. Il permet d’imaginer un récit, de créer des personnages, de faire naître des situations qui n’ont jamais existé et qui, pourtant, paraissent profondément vraies.

Le roman possède surtout une liberté que l’essai ne connaît pas. Dans un essai, l’auteur parle en son nom. Dans un roman, les personnages vivent de leur propre vie. Ils disent parfois des choses que l’auteur ne pense pas lui-même, éprouvent des émotions qu’il n’a jamais connues et empruntent des chemins qu’il n’aurait jamais pris.

C’est cette liberté extraordinaire qui m’a conduit vers le roman.

Ce que ce livre a changé en moi

Ce roman m’a accompagné pendant huit années.

Huit années que je n’ai pas vues passer.

Je vivais avec lui. Je dormais avec lui. Je me réveillais avec lui.

Je n’ai jamais cherché à le terminer rapidement. Ce qui m’importait, c’était ce flot de mots, de phrases, de paragraphes et de chapitres qui sortaient de mes mains et qui devenaient, presque à mon insu, un roman.

L’écriture a également eu sur moi un effet apaisant.

Écrire, c’est parfois prendre le scalpel de la plume et pratiquer de délicates incisions dans certaines épreuves afin de regarder ce qu’elles contiennent encore de douleur, de mystère ou de sens.

On n’en ressort pas satisfait. On en ressort apaisé. Comme si une part de l’épreuve avait enfin été exorcisée.

Mais ce livre m’a également appris quelque chose d’autre : nous ne sommes jamais seuls dans nos blessures.

À travers les rencontres, les signatures et les échanges avec mes lectrices et mes lecteurs, j’ai découvert que ce que nous croyons être notre histoire est souvent aussi celle des autres.

Des personnes que je ne connaissais pas sont venues me parler avec une émotion qui m’a profondément touché. Elles ne me racontaient pas mon histoire. Elles me racontaient la leur.

Et soudain, je comprenais que certaines blessures appartiennent à une expérience humaine beaucoup plus vaste que nous.

Je n’avais pas écrit un livre pour raconter une vie.

J’avais écrit un roman qui permettait à d’autres de reconnaître une partie de la leur.

C’est sans doute la plus belle récompense qu’un écrivain puisse recevoir.

Lorsque j’ai posé le point final à Tant que je peux te dire je t’aime, j’aurais pu me dire : « Voilà, j’ai écrit un roman. »

Il s’est produit exactement l’inverse.

Ce livre n’a pas refermé une porte. Il en a ouvert une autre.


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vendredi 12 juin 2026

Comment écrire un roman ?

Chaque année, des milliers de personnes rêvent d'écrire un roman.
Certaines remplissent des carnets de notes. D'autres imaginent des personnages pendant des années. Beaucoup commencent. Peu terminent. ?

Alors, comment écrire un roman ?


La réponse est à la fois simple et décevante : il n'existe aucune recette miracle.

S'il suffisait d'appliquer une méthode, les librairies seraient remplies de chefs-d'œuvre. Pourtant, tous les romanciers finissent par découvrir quelques principes communs qui peuvent transformer une envie d'écrire en véritable projet de roman.

Commencer par une histoire qui vous habite

L'erreur la plus fréquente consiste à chercher une idée originale à tout prix.

Or, une idée n'est souvent qu'une étincelle.

Ce qui permet d'écrire un roman, c'est une histoire qui continue à vous poursuivre lorsque vous refermez votre ordinateur. Une question qui vous obsède. Un personnage dont vous voulez connaître le destin.

Un roman exige des semaines, des mois, parfois des années de travail. Sans cette forme d'obsession, il est difficile d'aller jusqu'au bout.

Les personnages avant l'intrigue

Beaucoup de débutants cherchent à construire une intrigue parfaite.

Pourtant, les lecteurs se souviennent rarement d'un roman pour la perfection de son scénario. Ils se souviennent d'abord des personnages.

Qui est votre héros ?

Que désire-t-il ?

Que craint-il ?

Que risque-t-il de perdre ?

Plus vous connaîtrez vos personnages, plus votre histoire trouvera naturellement son chemin.

Lire pour apprendre à écrire

Tous les écrivains ont commencé comme lecteurs.

Lire ne sert pas seulement à se divertir. C'est aussi une manière d'observer les mécanismes invisibles du récit.

Comment un auteur crée-t-il du suspense ?

Pourquoi certains dialogues semblent-ils naturels ?

Comment une émotion surgit-elle au détour d'une phrase ?

Chaque livre lu devient une leçon d'écriture.

La lecture reste l'école secrète de tous les romanciers.

Écrire régulièrement

L'inspiration est capricieuse.

La discipline l'est beaucoup moins.

Attendre le moment idéal pour écrire est souvent le meilleur moyen de ne jamais commencer.

Quelques centaines de mots par jour suffisent parfois à faire naître un roman.

Les livres ne s'écrivent pas en un week-end d'inspiration. Ils se construisent lentement, phrase après phrase, page après page.

Accepter l'imperfection

L'une des plus grandes difficultés consiste à accepter que le premier jet soit mauvais.

Tous les écrivains passent par là.

Le premier jet n'est pas destiné à être publié. Il sert à raconter l'histoire.

La véritable écriture commence souvent après. Lorsqu'on coupe, réécrit, déplace, affine.

Un roman n'est pas seulement écrit. Il est réécrit.

Le vrai secret

Après plusieurs romans publiés, je reste convaincu que la technique ne suffit pas.

On peut apprendre la construction d'un récit, le rythme d'un chapitre ou l'art du dialogue.

Mais personne ne peut enseigner un regard sur le monde.

Ce regard est ce qui distingue un écrivain d'un autre.

Deux auteurs peuvent raconter la même histoire. Ils n'écriront jamais le même roman.

Conclusion

Comment écrire un roman ?

En lisant beaucoup.

En observant le monde.

En travaillant régulièrement.

En acceptant les doutes et les imperfections.

Et surtout, en allant jusqu'au bout.

Car un roman terminé, même imparfait, vaut toujours mieux qu'un chef-d'œuvre qui n'existe que dans l'imagination de son auteur.

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Cette chronique est issue d'un échange avec Chaib Hammadi dans le cadre des émissions diffusées sur Atlantic Radio.


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mardi 9 juin 2026

Entretiens sur Atlantic Radio : Écrire comme Hemingway

Ernest Hemingway est probablement l'un des écrivains les plus « badass » de l'histoire de la littérature. Journaliste, correspondant de guerre, chasseur, pêcheur, aventurier, prix Nobel, il a vécu plusieurs vies en une seule.

En anglais familier, on qualifierait volontiers Hemingway de badass : un dur à cuire, un homme qui en impose autant par sa vie que par son œuvre. Mais derrière cette image se cache surtout un immense artisan de la phrase.

Mais derrière la légende se cache surtout un écrivain qui a révolutionné l'art d'écrire. Son style dépouillé continue aujourd'hui d'influencer des générations d'auteurs à travers le monde.

Qu'est-ce qui rend l’écriture d’Hemingway si reconnaissable ? Pourquoi, plus de soixante ans après sa disparition, demeure-t-elle une référence pour tant d’auteurs ?

Un écrivain qui a vécu ses romans

Né en 1899, Ernest Hemingway commence sa carrière comme journaliste avant de devenir ambulancier pendant la Première Guerre mondiale. Blessé au front, il découvre très tôt la fragilité de l’existence.

Sa vie ressemble à un roman d’aventures. Il fréquente le Paris des années vingt, couvre la guerre d’Espagne, assiste au débarquement allié en Normandie, participe à la libération de Paris, chasse en Afrique, pêche à Cuba et parcourt le monde à la recherche d’expériences nouvelles.

Cette vie intense nourrit une œuvre majeure composée notamment de L’Adieu aux armes, Pour qui sonne le glas et Le Vieil Homme et la Mer, qui lui vaut le prix Nobel de littérature en 1954.

Un style littéraire taillé à l’os

Ce qui frappe immédiatement chez Hemingway, c’est la sobriété de son écriture.

Ses phrases sont courtes. Son vocabulaire est simple. Les effets de style sont rares. Il avance droit devant lui, sans détour.

Là où certains écrivains multiplient les descriptions et les ornements, Hemingway élimine tout ce qui lui semble inutile.

Chaque mot doit justifier sa présence.

Cette apparente simplicité est trompeuse. Derrière chaque phrase se cache un immense travail de précision et de sélection.

La théorie de l’iceberg

Hemingway est célèbre pour ce qu’il appelait la théorie de l’iceberg.

Selon lui, l’essentiel d’une histoire ne doit pas apparaître directement à la surface du texte.

Comme un iceberg, le lecteur ne perçoit qu’une petite partie de ce qui existe réellement.

Les émotions, les traumatismes, les conflits profonds restent souvent implicites.

L’écrivain ne dit pas tout. Il suggère.

Et c’est précisément ce non-dit qui donne à ses récits leur puissance émotionnelle.

Dire moins pour exprimer davantage

Cette approche constitue l’une des grandes leçons d’Hemingway.

Beaucoup d’auteurs débutants cherchent à tout expliquer.

Ils détaillent les sentiments, analysent les motivations et commentent les réactions de leurs personnages.

Hemingway fait exactement l’inverse.

Il fait confiance au lecteur.

Un regard, un silence ou une phrase inachevée peuvent parfois exprimer davantage qu’une longue explication psychologique.

Des personnages confrontés à eux-mêmes

Les héros d’Hemingway ne sont pas des surhommes.

Ils sont souvent blessés, fragiles ou désorientés.

Mais ils affrontent l’épreuve avec une forme de dignité silencieuse.

Ils continuent d’avancer malgré la peur, malgré la douleur, malgré l’absurdité du monde.

Cette tension entre la vulnérabilité et le courage traverse toute son œuvre.

C’est sans doute ce qui explique que ses personnages demeurent si modernes.

Ce que les écrivains peuvent apprendre d’Hemingway

Lire Hemingway, c’est comprendre qu’une phrase n’a pas besoin d’être compliquée pour être forte.

C’est apprendre à supprimer l’inutile.

C’est accepter que le silence fasse partie du récit.

C’est découvrir qu’un texte peut être à la fois simple, profond et bouleversant.

À une époque où l’on confond parfois abondance et richesse, Hemingway nous rappelle qu’écrire consiste souvent à enlever plutôt qu’à ajouter.

Quelques leçons d’écriture selon Hemingway

Hemingway a laissé de nombreuses réflexions sur son métier d’écrivain.

L’une des plus célèbres résume parfaitement son exigence :

« The most essential gift for a good writer is a built-in, shockproof, shit detector. »

Autrement dit, un écrivain doit posséder un détecteur de faux, capable de repérer immédiatement ce qui sonne artificiel ou mensonger dans un texte.

Une autre de ses formules est devenue célèbre :

« All you have to do is write one true sentence. »

« Tout ce que vous avez à faire, c’est écrire une phrase vraie. »

Derrière sa simplicité apparente, cette phrase contient une véritable philosophie de l’écriture : chercher la justesse avant la virtuosité.

Une leçon toujours actuelle

Plus de soixante ans après sa disparition, Hemingway continue d’influencer des générations d’auteurs.

Son œuvre rappelle que la littérature ne se mesure pas au nombre de mots employés, mais à leur justesse.

Écrire comme Hemingway ne signifie pas l’imiter.

Cela signifie chercher l’essentiel, faire confiance au lecteur et laisser au silence une place dans le récit.

Cela signifie également comprendre qu’un texte puissant n’est pas forcément un texte bavard.

À l’heure où les réseaux sociaux nous poussent souvent à réagir vite et à parler beaucoup, Hemingway nous rappelle la valeur de la précision, de la retenue et de l’authenticité.

Une leçon qui demeure d’une étonnante modernité.

Et vous ?

Pensez-vous qu’un écrivain doit tout dire à son lecteur ou, au contraire, lui laisser une part d’interprétation et de mystère ?


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Cette chronique est issue d'un échange avec Chaib Hammadi dans le cadre des émissions littéraires diffusées sur Atlantic Radio.


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Entretiens sur Atlantic Radio : Les personnages de roman sont-ils plus vrais que nature ?

Il arrive parfois qu’un lecteur referme un roman avec le sentiment étrange d’avoir quitté quelqu’un de proche. Non pas un voisin, un collègue ou un parent, mais un personnage qui n’a pourtant jamais existé.

Cette expérience soulève une question fascinante : les personnages de roman sont-ils parfois plus vrais que nature ?

Pourquoi les personnages nous paraissent-ils si réels ?

Peut-on imaginer qu’un personnage soit plus vrai qu’un être humain ? À première vue, l’idée semble absurde. Un personnage est une invention. Un être humain est une réalité.

Pourtant, la littérature nous montre souvent l’inverse.

Dans la vie quotidienne, chacun porte des masques. Nous adaptons nos discours, nous cachons nos peurs, nous maquillons nos faiblesses. Le personnage de roman, lui, est mis à nu. Le lecteur connaît ses doutes, ses contradictions et ses blessures les plus secrètes.

D’une certaine manière, il ne triche jamais.

D'où viennent les personnages de roman ?

On croit souvent qu’ils naissent d’une simple imagination. En réalité, ils surgissent d’un endroit plus complexe.

Ils sont faits de souvenirs, de rencontres, de regrets, de rêves inachevés. Ils émergent de ce chaos intérieur que chacun porte en lui et qu’il tente d’ordonner.

L’écrivain n’invente pas à partir de rien. Il transforme, mélange, réinterprète.

Quand les personnages échappent à leur créateur

Il existe un mystère que connaissent tous les romanciers : le moment où les personnages semblent prendre leur indépendance.

Au début, l’auteur croit les contrôler. Il leur attribue un nom, une histoire, un destin. Mais très vite, certains lui échappent.

Ils refusent les chemins prévus. Ils prennent des décisions inattendues. Ils prononcent des phrases que l’auteur lui-même n’avait pas envisagées.

L’écrivain cesse alors d’être un maître absolu. Il devient presque un observateur qui court derrière ses propres créatures avec un carnet à la main.

Pourquoi nous attachons-nous autant à eux ?

C’est peut-être aussi pour cela que nous nous attachons autant aux personnages de roman.

Ils tombent. Ils se trompent. Ils souffrent. Ils aiment. Ils perdent. Ils recommencent.

Ils traversent les mêmes tempêtes que nous.

Derrière leurs aventures, nous reconnaissons nos propres fragilités. Le lecteur ne s’attache pas à la perfection. Il s’attache à l’humanité.

Faut-il aimer ses personnages pour bien les écrire ?

La réponse est non.

Il faut surtout les comprendre. Même les plus odieux. Même les plus cruels.

Un personnage réduit à ses défauts devient rapidement caricatural. Un personnage compris dans toute sa complexité devient humain.

La littérature n’est pas un tribunal. Elle est un lieu d’exploration.

D’ailleurs, certains personnages provoquent parfois une forme de rejet chez leur créateur. Non parce qu’ils sont monstrueux, mais parce qu’ils ressemblent à l’auteur plus qu’il ne voudrait l’admettre.

Les défauts qui nous dérangent le plus chez les autres sont souvent ceux que nous reconnaissons secrètement en nous-mêmes.

Les personnages parlent-ils de leur auteur ?

Avec le temps, certains personnages disparaissent une fois le livre terminé. D’autres restent.

Ils reviennent sans prévenir. Ils réapparaissent dans une conversation, dans un souvenir ou dans une rue traversée au hasard.

Les plus tenaces sont souvent ceux dont l’histoire s’est achevée trop vite ou dont l’auteur n’a jamais vraiment accepté le départ.

On dit parfois qu’une intrigue est le moteur d’un roman. C’est vrai.

Mais un grand personnage possède un pouvoir particulier. Il peut sauver une histoire imparfaite. Mieux encore, il peut parfois sauver un lecteur.

Chacun garde en mémoire un personnage qui l’a aidé à traverser une période difficile, à comprendre une douleur ou à poser un autre regard sur le monde.

Et puis il reste cette dernière question, sans doute la plus troublante.

Les personnages parlent-ils de leur auteur ?

Toujours.

Même lorsqu’il prétend parler des autres, l’écrivain laisse des traces. Ses peurs, ses obsessions, ses blessures et ses espoirs se glissent entre les lignes.

Chaque personnage porte une part de celui qui l’a créé. Certains la révèlent ouvertement. D’autres la dissimulent derrière des détours plus subtils.

Le paradoxe de la littérature

C’est peut-être là le plus beau paradoxe de la littérature : en inventant des êtres qui n’existent pas, l’écrivain finit souvent par dire la vérité sur ceux qui existent.

Et parfois, sans même le vouloir, sur lui-même.

Et vous ?

Vous est-il déjà arrivé de refermer un roman avec le sentiment d’abandonner un personnage qui vous semblait plus réel que certaines personnes croisées dans la vie ?


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dimanche 7 juin 2026

La fresque romanesque de Rida Lamrini : trois romans, une même traversée

Certains romans se lisent indépendamment. D'autres dialoguent entre eux, se répondent, prolongent une émotion, une question ou une quête.

Tant que je peux te dire je t'aimeAux portes des étoiles et Les Méandres de l'Oubli forment ainsi une même fresque romanesque. Trois romans autonomes, mais unis par des personnages, des thèmes et une même interrogation sur la mémoire, l'amour, la filiation et la transmission.

Au fil des pages, le lecteur accompagne plusieurs générations confrontées à leurs blessures, à leurs silences, à leurs secrets et à leur besoin de réconciliation avec eux-mêmes.

Premier mouvement : l'amour mis à l'épreuve du temps

Tant que je peux te dire je t'aime explore les fragilités du couple, l'usure des sentiments, les rendez-vous manqués et cette question universelle : que reste-t-il de l'amour lorsque les années ont passé ?

À travers le parcours de Rayan, le roman interroge la fidélité aux rêves de jeunesse, les choix de vie et la difficulté de préserver ce qui semblait acquis.

Un roman sur l'amour, mais aussi sur le temps qui transforme les êtres.

Deuxième mouvement : la quête d'un père et le poids des secrets

Avec Aux portes des étoiles, la fresque change d'échelle et de génération.

Salim se lance dans une quête qui le conduit bien au-delà de ses certitudes. Entre Casablanca, Paris, Annecy, Gibraltar et d'autres horizons, il tente de comprendre une disparition qui bouleverse toute une famille.

Le roman explore la filiation, la mémoire familiale, le pardon et la manière dont les secrets traversent parfois les générations.

Troisième mouvement : la mémoire contre l'oubli

Les Méandres de l'Oubli clôt cette traversée romanesque.

Au large des côtes espagnoles, un homme est retrouvé vivant après une fusillade. Blessé, amnésique, il ne sait plus qui il est. Pourtant, des fragments de mémoire résistent.

Entre la Méditerranée, le Rif, la France et l'Espagne, le roman explore la reconstruction de soi, la puissance des souvenirs et la manière dont certaines présences continuent à traverser les vies, même lorsqu'elles semblent avoir disparu.

Une même histoire humaine

Ces trois romans peuvent être lus séparément.

Mais ensemble, ils composent une vaste histoire humaine où les personnages se croisent, se répondent et se transmettent bien davantage que des souvenirs.

Ils interrogent les liens qui nous unissent, les blessures que nous portons, les silences que nous héritons parfois et la possibilité, malgré tout, de trouver un chemin vers la lumière.

Ordre de lecture recommandé

  1. Tant que je peux te dire je t'aime
  2. Aux portes des étoiles
  3. Les Méandres de l'Oubli

Cet ordre permet de suivre l'évolution des personnages et de découvrir progressivement les fils invisibles qui relient les trois ouvrages.


Découvrir les romans :

👉 Tant que je peux te dire je t'aime

👉 Aux portes des étoiles

👉 Les Méandres de l'Oubli


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Cette réflexion s'inscrit dans l'univers de la fresque romanesque de Rida Lamrini.

👉 Découvrir Trois romans, une traversée