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Chroniques et pensées littéraires de Rida Lamrini. Un regard humaniste et universel sur l'âme humaine et nos sociétés.
Literary chronicles and thoughts by Rida Lamrini. A humanist and universal look at the human soul and our societies.

mardi 30 juin 2026

Quand un roman échappe à son auteur

Il y a des messages qui vous surprennent parce qu'ils arrivent sans prévenir.

Celui-ci tenait en une seule ligne :

« Bonjour, nous sommes 19 à commander votre livre. »

Je l'ai relu plusieurs fois. Non pas parce que je ne comprenais pas le message, mais parce que j'essayais d'imaginer ce qu'il cachait.

Qui étaient ces dix-neuf personnes ? Pourquoi avaient-elles décidé de lire le même roman en même temps ?

Je leur ai répondu presque aussitôt. Je voulais surtout savoir où elles vivaient et quel était ce club de lecture qui avait décidé de partager la même aventure. Quelques minutes plus tard, j'ai découvert qu'elles appartenaient à un club de lecture de Rabat.

Je ne les connais pas. Elles ne me connaissent pas non plus.

Et pourtant, j'ai eu le sentiment que mon roman venait de franchir une nouvelle étape.

Dans quelques jours, dix-neuf lectrices ouvriront Tant que je peux te dire je t'aime. Elles feront connaissance avec Rayan. Certaines seront peut-être touchées par son histoire, d'autres s'attacheront à un personnage secondaire. Il y aura sans doute des désaccords, des interprétations différentes, des émotions qui ne seront pas les mêmes.

Car dès l'instant où un livre s'ouvre, quelque chose d'étrange se produit.

Le roman cesse de nous appartenir. Il commence une autre vie.

Les lecteurs découvrent un autre roman

Quand on écrit un livre, on croit savoir ce que l'on raconte. On pense connaître ses personnages, ses thèmes, ses intentions. On croit avoir déposé entre les pages ce que l'on avait à dire.

Puis vient le temps des lecteurs.

Depuis la parution de Tant que je peux te dire je t'aime, je reçois des témoignages qui me surprennent souvent. Non seulement parce qu'ils sont bienveillants, mais surtout parce qu'ils me révèlent mon propre livre sous un jour nouveau.

Une lectrice m'a confié avoir retrouvé, dans ces pages, une émotion qu'elle croyait perdue depuis longtemps. D'autres y ont vu une réflexion profonde sur le pardon, la mémoire et les mystères familiaux. Ils ont parlé d'une œuvre qui se situe « entre l'introspection personnelle et une enquête intrigante », où l'écriture et les relations humaines prennent « une dimension mystique ».

Je n'avais pas consciemment pensé mon roman en ces termes. Pourtant, en les lisant, j'ai eu le sentiment qu'ils avaient vu quelque chose qui m'avait échappé.

Certains ont parlé d'espoir. On m'a écrit qu'il s'agissait d'« une ode à l'espoir » destinée à celles et ceux qui peinent à voir le bout du tunnel. En écrivant ce roman, j'étais davantage habité par la perte, la quête et les blessures de l'existence que par l'idée d'un message d'espérance.

Et pourtant, à travers le parcours de Rayan, plusieurs lecteurs ont perçu une invitation à continuer de croire en l'amour malgré les épreuves, avec une intensité émotionnelle que je n'avais pas mesurée moi-même.

D'autres encore ont insisté sur la délicatesse de l'écriture, la nostalgie de Casablanca, la quête de vérité ou la résonance poétique de certaines pages. L'un d'eux est même allé jusqu'à écrire un poème. Un autre a composé une chanson inspirée du roman.

Quel plus beau destin pour un livre ?

Le plus beau mystère de la littérature

À chaque fois, je me fais la même réflexion : le livre que j'ai écrit n'est déjà plus tout à fait celui que les lecteurs lisent.

C'est à ce moment-là que je comprends qu'un roman n'est jamais terminé lorsque son auteur pose le point final. Il commence réellement à vivre lorsqu'un lecteur l'ouvre.

Ces témoignages m'ont rappelé une chose essentielle : un roman est toujours plus vaste que l'intention de son auteur. L'écrivain écrit avec son vécu, ses blessures, ses lectures et ses intuitions. Le lecteur, lui, arrive avec sa propre histoire, ses manques, ses espérances et ses souvenirs. Il éclaire certaines pages d'une lumière que l'auteur lui-même n'avait pas vue.

C'est peut-être là le plus beau mystère de la littérature.

L'écrivain croit écrire un livre. Les lecteurs lui révèlent, parfois longtemps après, qu'il en a écrit un autre, plus vaste, plus profond, qu'il ne soupçonnait pas lui-même.

C'est la plus belle récompense qu'un auteur puisse recevoir : voir son roman devenir un véritable lieu de rencontre entre ses personnages et des inconnus qui, le temps d'une lecture, partagent une même émotion.

Ou, comme ce sera bientôt le cas à Rabat, entre dix-neuf lectrices qui ouvriront le même livre et qui, quelques jours plus tard, n'auront probablement pas lu le même roman.

Et c'est précisément ce qui me réjouit.

Un roman n'est jamais achevé le jour de sa publication.

Il continue de s'écrire dans le regard de ceux qui le lisent.


📚 Pour prolonger la lecture...

Autour de Tant que je peux te dire je t'aime

✍️ Dans L'Atelier de l'écrivain

Et vous ? Si vous avez lu Tant que je peux te dire je t'aime, qu'avez-vous vu dans ce roman que je n'ai peut-être pas vu moi-même ? Je serai heureux de vous lire en commentaire.

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vendredi 26 juin 2026

Bienvenue dans mon premier atelier d'écrivain

Entrez… mais ne faites pas attention aux virgules qui traînent.

Je vous préviens : mon atelier est dans un état… disons… créatif.

Ne faites pas attention aux feuilles éparpillées sur le bureau. Ni à celles qui ont glissé sur le sol. Évitez également de poser votre coude sur cette pile de cahiers ; elle menace de s'effondrer depuis plusieurs semaines.


Attendez… laissez-moi d'abord vous montrer les lieux.

Je vais déplacer cette tasse de café. Et celle-ci aussi. Et peut-être celle-là.

Voilà.

Je crois avoir trouvé une chaise.

Asseyez-vous.

Le chat ne bougera pas. Il considère manifestement que ce fauteuil lui appartient davantage qu'à moi.

Vous êtes venu visiter mon atelier. Je vous dois donc une première confession.

Je ne suis pas certain d'être toujours un écrivain raisonnable.

Plus les années passent, plus je soupçonne même le contraire.

J'ai développé quelques habitudes que mon entourage qualifierait probablement de manies et que, de mon côté, je préfère appeler… des exigences littéraires.

Il m'arrive, par exemple, de consacrer davantage de temps à une phrase de trois lignes qu'à la préparation de mon petit-déjeuner.

Les petites manies d'un écrivain

Il m'arrive de passer vingt minutes à hésiter entre deux adjectifs.

Il m'arrive de supprimer un paragraphe, de le réécrire, puis de remettre exactement celui que j'avais supprimé.

Il m'arrive aussi de relire une page le soir, de la trouver excellente et de la reprendre le lendemain avec la ferme intention de la refaire entièrement.

Et il m'arrive même de me regarder travailler avec une certaine perplexité.

Je déplace une virgule. Puis je la remets à sa place initiale. Je change un mot. Je le trouve finalement moins bon que le précédent. Je relis une phrase dix fois pour vérifier qu'elle respire correctement.

À la fin de l'opération, je suis épuisé.

Et le texte a gagné… trois mots. Et perdu une virgule.

La comédie silencieuse de l'écriture

Je soupçonne qu'un grand nombre d'écrivains vivent cette même comédie silencieuse.

Nous avons nos petites manies.

Nous parlons à nos personnages.

Nous doutons d'une page pourtant réussie.

Nous traquons des répétitions que personne d'autre ne remarque.

Nous continuons à polir un texte alors qu'il est peut-être déjà prêt à vivre sa vie.

Une négociation permanente

Pourquoi ?

Parce qu'au fond, écrire n'est pas seulement raconter une histoire.

C'est aussi mener une négociation permanente avec soi-même.

Faut-il supprimer cette phrase ? Garder ce paragraphe ? Remplacer ce mot ? Ajouter une précision ? Déplacer cette virgule ?

Cette négociation est parfois drôle, parfois épuisante, mais elle fait partie du voyage. Elle est même l'une des joies secrètes de l'écriture.

D'ailleurs, êtes-vous toujours intéressé par mon atelier ?

Si vous avez tenu jusque-là sans prendre la fuite, alors revenez me voir. Dans cet atelier, nous parlerons de la naissance des romans, de ces idées minuscules qui finissent parfois par devenir des livres de plusieurs centaines de pages.

Nous parlerons aussi des personnages : de ceux qui obéissent docilement à leur auteur et de ceux qui, sans prévenir, décident de mener leur propre vie.

Je vous montrerai mes méthodes de travail, mes hésitations, mes impasses, mes petits rituels et quelques découvertes glanées au fil des années.

Nous nous demanderons ensemble comment écrit-on un roman, comment naît une intrigue, pourquoi certaines histoires s'imposent à nous et pourquoi d'autres refusent obstinément de se laisser écrire.

Et, de temps en temps, je vous ouvrirai quelques tiroirs supplémentaires de cet atelier, ceux où se cachent les doutes, les surprises et quelques secrets d'écriture.

La septième virgule

Mais avant d'aller plus loin, je préfère vous avertir.

Si un jour vous lisez l'un de mes romans, dites-vous qu'il existe peut-être, quelque part dans ses pages, une virgule qui a été déplacée six fois avant de trouver sa place définitive.

Et si, par hasard, vous la trouvez, ne me le dites surtout pas.

Je risquerais d'avoir envie de la déplacer une septième fois.

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vendredi 19 juin 2026

Les textes qui ont précédé l’écriture de Tant que je peux te dire je t’aime

Lorsqu’un roman paraît, on a souvent l’impression qu’il est né d’un seul élan, comme s’il avait surgi de nulle part.
La réalité est bien différente.

Un roman se prépare longtemps avant que sa première phrase ne soit écrite.

Il germe silencieusement. Il avance à pas feutrés. Il s’annonce parfois par de simples intuitions, quelques images fugitives, des personnages encore sans nom, des questions qui s’installent en nous sans que nous sachions pourquoi.



Avec le recul, je me rends compte que Tant que je peux te dire je t’aime ne s’est pas imposé brusquement à moi.

Il était déjà là.

Je ne le savais simplement pas.

Bien avant d’entreprendre son écriture, j’avais publié ici et là de courts textes, des chroniques, des billets d’humeur, des récits inspirés de souvenirs, de rencontres ou d’interrogations sur les relations humaines.

À l’époque, je les considérais comme des textes indépendants.

Aujourd’hui, je les regarde autrement.

Je les vois comme les premiers battements de cœur d’un roman qui n’avait pas encore trouvé son nom.

Il y avait déjà l’amour et ses incertitudes.

Il y avait déjà la fragilité des liens humains.

Il y avait déjà la mémoire, les séparations, les départs, les rendez-vous manqués, les blessures qui ne cicatrisent jamais complètement et ces sentiments que le temps ne parvient ni à effacer ni à expliquer.

Il y avait déjà cette question qui traverse une grande partie de mon roman : pourquoi certains êtres, malgré les épreuves, les silences ou les distances, continuent-ils à habiter notre vie intérieure ?

En relisant ces anciens textes, je m’aperçois qu’ils formaient une sorte de constellation.

Chaque texte était une étoile.

Pris isolément, aucun d’eux ne racontait Tant que je peux te dire je t’aime.

Mais ensemble, ils dessinaient déjà son ciel.

Ils parlaient du désir, de la passion, de la beauté des rencontres, mais aussi de leur fragilité. Ils parlaient des départs, de l’absence, de la nostalgie et de cette étrange manière qu’ont certains souvenirs de continuer à vivre en nous.

Je comprends aujourd’hui que le roman s’est nourri de tout cela.

Il s’est nourri de ces fragments d’existence, de ces émotions observées ou ressenties, de ces interrogations que je portais en moi sans encore leur avoir donné une forme romanesque.

Peut-être est-ce là le mystère de l’écriture.

Nous croyons écrire des textes indépendants.

En réalité, il arrive qu’ils se parlent secrètement entre eux.

Ils s’appellent, se répondent et finissent par converger vers une œuvre dont nous ignorons encore l’existence.

Tant que je peux te dire je t’aime est né ainsi.

Il n’est pas apparu soudainement.

Il a été précédé, presque annoncé, par toute une série de textes qui, rétrospectivement, ressemblent aux premiers chapitres invisibles du roman.

En les relisant aujourd’hui, j’ai le sentiment de retrouver les traces du chemin qui m’a conduit jusqu’à lui.

Comme si, sans le savoir, j’étais déjà en train d’écrire ce roman bien avant d’avoir commencé à l’écrire.



Les textes qui ont précédé l’écriture du roman

Avec le recul, je me rends compte que certains textes publiés au fil des années annonçaient déjà, sans que je le sache, les thèmes qui allaient irriguer Tant que je peux te dire je t’aime : l’amour, la mémoire, l’absence, le désir, les départs et les blessures qui continuent à vivre en nous.


Pour découvrir le roman :

👉 Lire le roman sur le site officiel

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Pourquoi ai-je écrit Tant que je peux te dire je t’aime

Faut-il qu’un écrivain explique les raisons qui l’ont poussé à écrire un roman ?
Je n’en suis pas certain.

Beaucoup d’auteurs ne se prêtent jamais à cet exercice. D’autres le font au détour d’un entretien ou d’une rencontre avec leurs lecteurs.

Et pourtant, aujourd’hui, j’éprouve le besoin de répondre à une question qui m’a été souvent posée : pourquoi ai-je écrit Tant que je peux te dire je t’aime ?



Un roman né sans préméditation

Je dois d’abord faire un aveu. Je n’ai jamais planifié l’écriture de ce roman. Je ne me suis jamais levé un matin en me disant : « Je vais écrire cette histoire. » Je ne sais même pas exactement à quel moment j’ai emprunté ce sentier.

L’écriture est parfois ainsi. Elle s’impose à nous avant même que nous en comprenions les raisons.

J’ai toujours soutenu que l’écriture n’est pas réservée à quelques élus que l’on appelle écrivains ou romanciers. Je suis convaincu que chacun porte en lui quelque chose à partager, à dire ou à exprimer.

J’ai également toujours encouragé la lecture. Lire et écrire sont, à mes yeux, deux exercices intimement liés. En lisant, nous découvrons des univers, nous apprenons, nous réfléchissons, mais nous découvrons aussi les ressorts et les mécanismes de l’écriture. La lecture prépare l’écriture, tout comme l’écriture se nourrit des lectures.

L’écriture comme catharsis

On dit que l’écriture est une forme de catharsis. Je le crois profondément.

Écrire, c’est parfois confier à des pages ce que l’on ressent, ce que l’on a vécu ou ce que l’on a vu d’autres vivre. La littérature permet alors d’approcher ce que les sciences exactes et les analyses les plus rigoureuses peinent souvent à dévoiler : les sentiments humains, les émotions, les fractures intérieures, les interactions complexes entre les êtres.

Si ce roman est né, c’est sans doute sous le poids de certaines épreuves, de certaines cicatrices et des difficultés qu’elles laissent derrière elles.

Je sais bien que ces épreuves n’ont rien d’exceptionnel. Des millions d’êtres humains les connaissent à travers le monde. Mais j’ai pris la plume pour essayer de les cerner, de les éclairer et, autant que possible, de les comprendre.

Nous sommes souvent démunis devant certaines fractures qui brisent des foyers, distendent des liens que l’on croyait indestructibles et éloignent des êtres qui étaient supposés être les plus proches les uns des autres.

Ce roman est-il autobiographique ?

Cette question m’a été posée à d’innombrables reprises.

Ma réponse est non.

Tant que je peux te dire je t’aime n’est ni le récit de ma vie ni celui de mes expériences personnelles.

J’ai toujours pensé que raconter sa propre existence n’avait, en soi, que peu d’intérêt pour les autres.

Et pourtant, voilà le paradoxe de la littérature.

Les vies individuelles n’intéressent pas nécessairement les lecteurs. En revanche, ce qui les touche profondément, ce sont les émotions, les questionnements et les épreuves qu’ils reconnaissent en eux-mêmes. Le véritable travail du romancier consiste précisément à parler de ce qui renvoie chacun à son propre vécu et l’aide à mieux le comprendre.

Parler aussi des sujets tabous

Le cœur de ce roman se nourrit d’épreuves, de peines et de conflits que connaissent tant de familles.

J’ai également choisi d’aborder des sujets qui demeurent tabous dans beaucoup de sociétés. Certaines osent les affronter. D’autres préfèrent les ignorer.

Et les premières victimes de ces tabous sont ceux qui en subissent les conséquences.

Ai-je voulu leur rendre justice ? Peut-être. Mais il ne peut s’agir que d’une justice littéraire, avec l’espoir que certaines prises de conscience puissent émerger ou se renforcer.

Pourquoi ce titre ?

Je dois avouer que je n’ai jamais été particulièrement habile lorsqu’il s’agit de trouver un titre à mes romans.

Mais cette fois, il ne s’est rien passé de tout cela.

Au cours de l’écriture, une phrase est apparue :

Tant que je peux te dire je t’aime.

Elle m’a littéralement sauté au visage.

Je ne la cherchais pas. Je ne l’avais pas préméditée. Elle a jailli de l’histoire elle-même.

Et immédiatement, j’ai su.

Je n’avais pas besoin de réfléchir davantage ni de comparer avec d’autres possibilités. C’était ce titre et pas un autre.

Parce qu’il disait tout à la fois : l’amour, sa fragilité, le drame de certaines séparations, les épreuves qui distendent ou brisent les relations humaines, mais aussi cette beauté qui subsiste tant qu’il est encore possible de dire à l’autre : « Je t’aime ».

Ce titre ne m’est pas venu de l’extérieur. Il s’est imposé à moi.

Pourquoi le roman plutôt que l’essai ?

J’ai écrit des essais et je continue à considérer cette forme d’écriture comme indispensable. Mais je la réserve généralement à des sujets politiques, à des questions de société ou à des thématiques qui appellent une réflexion structurée et des prises de position assumées.

Le roman appartient à un autre univers.

Il offre une liberté extraordinaire. Il permet d’imaginer un récit, de créer des personnages, de faire naître des situations qui n’ont jamais existé et qui, pourtant, paraissent profondément vraies.

Le roman possède surtout une liberté que l’essai ne connaît pas. Dans un essai, l’auteur parle en son nom. Dans un roman, les personnages vivent de leur propre vie. Ils disent parfois des choses que l’auteur ne pense pas lui-même, éprouvent des émotions qu’il n’a jamais connues et empruntent des chemins qu’il n’aurait jamais pris.

C’est cette liberté extraordinaire qui m’a conduit vers le roman.

Ce que ce livre a changé en moi

Ce roman m’a accompagné pendant huit années.

Huit années que je n’ai pas vues passer.

Je vivais avec lui. Je dormais avec lui. Je me réveillais avec lui.

Je n’ai jamais cherché à le terminer rapidement. Ce qui m’importait, c’était ce flot de mots, de phrases, de paragraphes et de chapitres qui sortaient de mes mains et qui devenaient, presque à mon insu, un roman.

L’écriture a également eu sur moi un effet apaisant.

Écrire, c’est parfois prendre le scalpel de la plume et pratiquer de délicates incisions dans certaines épreuves afin de regarder ce qu’elles contiennent encore de douleur, de mystère ou de sens.

On n’en ressort pas satisfait. On en ressort apaisé. Comme si une part de l’épreuve avait enfin été exorcisée.

Mais ce livre m’a également appris quelque chose d’autre : nous ne sommes jamais seuls dans nos blessures.

À travers les rencontres, les signatures et les échanges avec mes lectrices et mes lecteurs, j’ai découvert que ce que nous croyons être notre histoire est souvent aussi celle des autres.

Des personnes que je ne connaissais pas sont venues me parler avec une émotion qui m’a profondément touché. Elles ne me racontaient pas mon histoire. Elles me racontaient la leur.

Et soudain, je comprenais que certaines blessures appartiennent à une expérience humaine beaucoup plus vaste que nous.

Je n’avais pas écrit un livre pour raconter une vie.

J’avais écrit un roman qui permettait à d’autres de reconnaître une partie de la leur.

C’est sans doute la plus belle récompense qu’un écrivain puisse recevoir.

Lorsque j’ai posé le point final à Tant que je peux te dire je t’aime, j’aurais pu me dire : « Voilà, j’ai écrit un roman. »

Il s’est produit exactement l’inverse.

Ce livre n’a pas refermé une porte. Il en a ouvert une autre.


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👉 Lire le roman sur le site officiel

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lundi 15 juin 2026

Entretiens sur Atlantic Radio : Le devoir de l’écrivain est-il de dire quelque chose de vrai ?

La question semble simple. Pourtant, elle traverse toute l’histoire de la littérature.

Après tout, le romancier invente des personnages qui n’existent pas, imagine des situations fictives et construit des mondes parfois éloignés du réel. Comment pourrait-il prétendre dire la vérité alors qu’il travaille précisément avec l’imaginaire ?



Et pourtant, certains romans nous paraissent parfois plus vrais que les discours politiques, les statistiques ou même certains témoignages.

C’est sans doute parce que la littérature ne cherche pas la même vérité que la science ou le journalisme.

Sa mission n’est pas nécessairement de rapporter les faits avec exactitude, mais de révéler quelque chose de profondément humain.

Une vérité qui dépasse les faits

On attend souvent de la science qu’elle établisse des faits vérifiables. On attend du journaliste qu’il rapporte des événements réels.

L’écrivain, lui, travaille autrement.

Son objectif n’est pas toujours de dire ce qui s’est passé, mais de révéler ce qui est ressenti.

La peur, l’amour, la solitude, la jalousie, l’espoir ou la perte ne se mesurent pas avec des chiffres. Pourtant, ils occupent une place centrale dans nos vies.

La littérature explore précisément ce territoire intérieur.

Elle donne une forme à ce qui échappe souvent aux explications rationnelles.

La fiction comme révélateur du réel

Paradoxalement, l’invention peut parfois révéler davantage de vérité que le simple récit des faits.

Lorsqu’un romancier crée un personnage, il ne cherche pas forcément à reproduire une personne réelle. Il cherche plutôt à faire émerger une expérience humaine dans laquelle le lecteur pourra se reconnaître.

C’est pourquoi des personnages imaginaires nous semblent parfois plus proches que certaines personnes que nous connaissons réellement.

La fiction n’est pas un mensonge destiné à tromper. Elle est souvent un détour permettant de mieux comprendre le réel.

À travers des situations inventées, elle met en lumière des vérités qui resteraient invisibles autrement.

Le vrai littéraire n'est pas une donnée, mais une résonance

Ce qui touche le lecteur n’est pas toujours l’exactitude d’un récit.

C’est sa justesse.

Un roman peut raconter une histoire totalement fictive et pourtant donner l’impression de parler directement de notre propre existence.

Cette sensation de reconnaissance constitue peut-être l’une des formes les plus puissantes de vérité littéraire.

Le vrai n’est alors plus un fait brut. Il devient une résonance entre l’expérience racontée et celle du lecteur.

L’écrivain engagé dit-il plus facilement le vrai ?

La question se pose souvent. Un écrivain engagé, qui prend position sur les grands enjeux de son époque, est-il mieux placé pour dire la vérité qu’un auteur plus discret ou plus contemplatif ?

Pas nécessairement.

La vérité littéraire ne dépend pas du volume de la voix, mais de sa sincérité.

Certains écrivains dénoncent les injustices de leur temps et révèlent des réalités que beaucoup préfèrent ignorer. D’autres explorent simplement les profondeurs de l’âme humaine.

Les deux démarches peuvent atteindre une forme de vérité.

Un cri engagé peut bouleverser autant qu’un murmure intime.

Mohammed Choukri, Zola et la vérité de la fiction

De nombreux écrivains ont utilisé la fiction pour révéler une réalité plus vaste que les faits eux-mêmes.

Avec Le Pain nu, Mohammed Choukri raconte une enfance marquée par la misère, la violence et l’exclusion. Son récit dépasse largement le cadre autobiographique pour devenir le témoignage d’une condition humaine.

De son côté, Émile Zola, dans Germinal, ne se contente pas de raconter une grève de mineurs. Il met en lumière les mécanismes sociaux, les souffrances et les espoirs d’une époque entière.

Dans les deux cas, la fiction agit comme un révélateur.

Elle invente parfois certains détails, simplifie certaines situations ou condense plusieurs réalités dans un même personnage. Pourtant, elle permet d’accéder à une vérité humaine plus profonde.

Le paradoxe de la littérature est peut-être là : elle ment pour mieux dire vrai.

L’émotion et la vérité sont-elles liées ?

Que cherche réellement le lecteur lorsqu’il ouvre un roman ?

Une vérité ? Une émotion ?

Les deux sont souvent indissociables.

L’émotion constitue le chemin par lequel la littérature atteint quelque chose de plus profond que l’information.

Nous n’oublions pas certains livres parce qu’ils nous ont appris un fait. Nous les gardons en mémoire parce qu’ils nous ont fait ressentir quelque chose d’essentiel.

À travers cette émotion, le lecteur accède à une vérité qu’il aurait parfois du mal à formuler lui-même.

Le style porte lui aussi une vérité

On réduit souvent le style à une simple question de forme. Pourtant, il participe pleinement à la vérité d’un texte.

La manière dont une phrase est construite, le rythme choisi, les silences, les répétitions ou les images utilisées traduisent une vision du monde.

Le style ne décore pas le vrai. Il lui donne sa forme.

C’est pourquoi deux écrivains racontant exactement la même histoire produiront souvent deux vérités différentes.

Leur regard n’est pas le même. Leur voix non plus.

Une vérité à la fois subjective et universelle

La vérité littéraire naît toujours d’un regard particulier.

Chaque écrivain écrit depuis son histoire, sa sensibilité, ses blessures, ses espoirs et son époque.

En ce sens, toute vérité littéraire est d’abord subjective.

Mais certaines œuvres parviennent à dépasser cette subjectivité pour rejoindre quelque chose de plus vaste.

À travers une expérience singulière, elles touchent à ce qui est commun à tous les êtres humains : l’amour, la peur, le deuil, le désir, la solitude, la quête de sens ou l’espérance.

C’est ce passage du particulier à l’universel qui constitue sans doute l’un des plus grands mystères de la littérature.

Pourquoi certains livres traversent-t-ils les siècles ?

La plupart des livres connaissent leur époque puis disparaissent.

D’autres continuent à être lus des décennies, parfois des siècles après leur publication.

Ce n’est pas seulement une question de qualité littéraire.

C’est souvent parce qu’ils ont su capter une vérité humaine qui dépasse leur contexte historique.

Les lecteurs changent. Les sociétés évoluent. Les technologies se transforment.

Pourtant, certains textes continuent de nous parler.

Ils nous rappellent que, malgré les différences d’époque ou de culture, certaines expériences humaines demeurent étonnamment constantes.

Peut-être est-ce là la véritable mission de la littérature : rendre visible ce qui nous relie les uns aux autres.

Dire vrai sans dire la vérité

L’écrivain n’a donc pas nécessairement pour devoir de rapporter des faits exacts.

Son devoir est peut-être plus exigeant encore : être fidèle à une vérité humaine.

Cette vérité ne se mesure pas. Elle ne se démontre pas. Elle se ressent.

Elle apparaît parfois dans un personnage fictif, dans une phrase, dans un silence ou dans une émotion qui nous surprend parce qu’elle semble parler directement de nous.

La littérature ne concurrence ni la science ni l’histoire.

Elle explore un territoire qui lui appartient en propre : celui de l’expérience humaine.

Et c’est sans doute pour cette raison que les grands livres continuent de nous accompagner longtemps après leur lecture.

Et vous ?

Pensez-vous que la mission d’un écrivain soit de dire la vérité, ou simplement de raconter une histoire capable de nous émouvoir ?


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Voir l'entretien Atlantic Radio :

👉 Regarder l'émission sur YouTube

Cette chronique est issue d'un échange avec Chaib Hammadi dans le cadre des émissions diffusées sur Atlantic Radio.


Pour découvrir l'univers romanesque :

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vendredi 12 juin 2026

Comment écrire un roman ?

Chaque année, des milliers de personnes rêvent d'écrire un roman.
Certaines remplissent des carnets de notes. D'autres imaginent des personnages pendant des années. Beaucoup commencent. Peu terminent. ?

Alors, comment écrire un roman ?


La réponse est à la fois simple et décevante : il n'existe aucune recette miracle.

S'il suffisait d'appliquer une méthode, les librairies seraient remplies de chefs-d'œuvre. Pourtant, tous les romanciers finissent par découvrir quelques principes communs qui peuvent transformer une envie d'écrire en véritable projet de roman.

Commencer par une histoire qui vous habite

L'erreur la plus fréquente consiste à chercher une idée originale à tout prix.

Or, une idée n'est souvent qu'une étincelle.

Ce qui permet d'écrire un roman, c'est une histoire qui continue à vous poursuivre lorsque vous refermez votre ordinateur. Une question qui vous obsède. Un personnage dont vous voulez connaître le destin.

Un roman exige des semaines, des mois, parfois des années de travail. Sans cette forme d'obsession, il est difficile d'aller jusqu'au bout.

Les personnages avant l'intrigue

Beaucoup de débutants cherchent à construire une intrigue parfaite.

Pourtant, les lecteurs se souviennent rarement d'un roman pour la perfection de son scénario. Ils se souviennent d'abord des personnages.

Qui est votre héros ?

Que désire-t-il ?

Que craint-il ?

Que risque-t-il de perdre ?

Plus vous connaîtrez vos personnages, plus votre histoire trouvera naturellement son chemin.

Lire pour apprendre à écrire

Tous les écrivains ont commencé comme lecteurs.

Lire ne sert pas seulement à se divertir. C'est aussi une manière d'observer les mécanismes invisibles du récit.

Comment un auteur crée-t-il du suspense ?

Pourquoi certains dialogues semblent-ils naturels ?

Comment une émotion surgit-elle au détour d'une phrase ?

Chaque livre lu devient une leçon d'écriture.

La lecture reste l'école secrète de tous les romanciers.

Écrire régulièrement

L'inspiration est capricieuse.

La discipline l'est beaucoup moins.

Attendre le moment idéal pour écrire est souvent le meilleur moyen de ne jamais commencer.

Quelques centaines de mots par jour suffisent parfois à faire naître un roman.

Les livres ne s'écrivent pas en un week-end d'inspiration. Ils se construisent lentement, phrase après phrase, page après page.

Accepter l'imperfection

L'une des plus grandes difficultés consiste à accepter que le premier jet soit mauvais.

Tous les écrivains passent par là.

Le premier jet n'est pas destiné à être publié. Il sert à raconter l'histoire.

La véritable écriture commence souvent après. Lorsqu'on coupe, réécrit, déplace, affine.

Un roman n'est pas seulement écrit. Il est réécrit.

Le vrai secret

Après plusieurs romans publiés, je reste convaincu que la technique ne suffit pas.

On peut apprendre la construction d'un récit, le rythme d'un chapitre ou l'art du dialogue.

Mais personne ne peut enseigner un regard sur le monde.

Ce regard est ce qui distingue un écrivain d'un autre.

Deux auteurs peuvent raconter la même histoire. Ils n'écriront jamais le même roman.

Conclusion

Comment écrire un roman ?

En lisant beaucoup.

En observant le monde.

En travaillant régulièrement.

En acceptant les doutes et les imperfections.

Et surtout, en allant jusqu'au bout.

Car un roman terminé, même imparfait, vaut toujours mieux qu'un chef-d'œuvre qui n'existe que dans l'imagination de son auteur.

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Voir l'entretien Atlantic Radio :

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Cette chronique est issue d'un échange avec Chaib Hammadi dans le cadre des émissions diffusées sur Atlantic Radio.


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mercredi 10 juin 2026

Entretiens sur Atlantic Radio : Qu'est-ce que la culture ?

Le mot « culture » fait partie de ces termes que nous utilisons quotidiennement sans toujours prendre le temps de les définir. Nous parlons de culture générale, de culture populaire, de culture d'entreprise ou encore de culture nationale. Pourtant, lorsqu'on nous demande ce qu'est réellement la culture, la réponse devient souvent plus complexe qu'il n'y paraît.

Qu'entend-on exactement par culture ? Pourquoi joue-t-elle un rôle si important dans nos vies ? Et comment évolue-t-elle dans un monde de plus en plus connecté ?



Bien plus qu'un ensemble de connaissances

La culture ne se limite pas à l'accumulation de savoirs ou à la fréquentation des musées et des bibliothèques.

Dans son sens le plus large, elle désigne l'ensemble des pratiques, des croyances, des traditions, des arts, des valeurs et des comportements qui caractérisent un groupe humain.

Elle est présente dans la langue que nous parlons, dans les récits que nous transmettons à nos enfants, dans notre manière de célébrer les événements importants ou encore dans notre façon d'habiter le monde.

La culture est à la fois un héritage et une création permanente.

La culture façonne notre identité

Dès notre naissance, nous sommes plongés dans un univers culturel. Nous apprenons une langue, des habitudes, des références et des codes qui influencent notre manière de voir le monde.

La culture nous donne un sentiment d'appartenance. Elle nous relie à une famille, à une région, à un pays ou à une communauté.

Mais elle n'est jamais figée. Beaucoup d'entre nous vivent aujourd'hui au croisement de plusieurs cultures. Nous empruntons des références différentes, nous adaptons certaines traditions et nous construisons des identités multiples.

La culture n'est donc pas une prison. Elle est un point de départ.

Comment la culture se transmet-elle ?

La transmission culturelle commence souvent dans le cadre familial. Elle se poursuit à l'école, dans les livres, à travers les médias, les œuvres d'art et désormais sur Internet.

Cette transmission peut être volontaire, lorsque l'on enseigne une langue ou une tradition. Elle peut aussi être inconsciente. Nous reproduisons souvent des comportements, des expressions ou des habitudes simplement parce que nous les avons observés autour de nous.

Chaque génération reçoit ainsi un héritage culturel qu'elle transforme avant de le transmettre à son tour.

La mondialisation menace-t-elle les cultures locales ?

La mondialisation est souvent perçue comme une menace pour les cultures locales. Il est vrai que certaines traditions, certains savoir-faire ou certaines langues disparaissent progressivement sous l'effet d'une culture mondialisée largement diffusée par les médias et les plateformes numériques.

Aucune culture n'est éternelle. Toutes évoluent, se transforment ou s'effacent avec le temps.

Mais la mondialisation ne produit pas uniquement de l'uniformisation. Elle favorise également les échanges, les rencontres et les métissages. De nouvelles formes culturelles apparaissent en permanence à la croisée d'influences venues d'horizons différents.

La culture ne survit pas en restant immobile. Elle survit en s'adaptant.

La culture comme instrument de pouvoir

La culture n'est jamais totalement neutre.

Au fil de l'histoire, les pouvoirs politiques, religieux ou économiques ont souvent cherché à influencer les représentations collectives à travers l'éducation, les médias, les symboles ou les récits nationaux.

Contrôler les références culturelles d'une société, c'est souvent influencer sa manière de penser.

Mais la culture peut aussi devenir un outil de résistance. Les artistes, les écrivains, les musiciens ou les intellectuels ont fréquemment utilisé la création pour contester l'ordre établi, défendre une mémoire ou faire entendre des voix marginalisées.

La culture est donc à la fois un espace d'influence et un espace de liberté.

Cultures dominantes et cultures minoritaires

Dans toutes les sociétés, certaines cultures occupent une position dominante. Elles imposent leurs normes, leurs références et leur visibilité.

À côté d'elles existent des cultures minoritaires qui doivent souvent lutter pour préserver leur langue, leurs traditions ou leur identité.

Pour autant, ces cultures ne sont pas condamnées à disparaître.

L'histoire montre qu'elles peuvent résister, se réinventer et parfois influencer profondément la culture dominante à travers la littérature, la musique, le cinéma ou les mouvements sociaux.

La richesse culturelle d'une société dépend souvent de sa capacité à faire coexister ces différentes expressions.

Peut-on parler d'une culture universelle ?

La question revient souvent : existe-t-il une culture universelle commune à tous les êtres humains ?

La réponse est nuancée.

On retrouve dans toutes les sociétés certaines réalités fondamentales : la musique, les récits, les rituels, les symboles, les fêtes ou encore le besoin de transmettre une mémoire collective.

Mais chaque peuple exprime ces dimensions à sa manière, à travers son histoire, sa langue et sa sensibilité propre.

C'est précisément cette diversité qui fait la richesse de l'expérience humaine.

L'universel ne réside peut-être pas dans l'uniformité, mais dans la coexistence des différences.

Une réalité en perpétuelle évolution

La culture n'est jamais immobile.

Les langues évoluent. Les traditions se transforment. De nouvelles formes artistiques apparaissent tandis que d'autres disparaissent.

Chaque génération réinterprète l'héritage reçu et l'adapte aux défis de son époque.

La culture est donc moins un monument figé qu'une conversation permanente entre le passé et le présent.

Elle se nourrit de mémoire autant que d'invention.

Ce qui nous relie

Au fond, la culture est bien davantage qu'un ensemble de connaissances ou de pratiques.

Elle est ce qui donne du sens à notre présence dans le monde.

Elle nous permet de comprendre d'où nous venons, de dialoguer avec les autres et d'imaginer l'avenir.

Elle est à la fois ce que nous héritons et ce que nous inventons.

Elle est ce lien invisible qui nous relie aux autres et à notre propre histoire.

Et vous ?

Pensez-vous que la mondialisation enrichit les cultures ou qu'elle risque au contraire d'effacer certaines identités culturelles ?


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Cette chronique est issue d'un échange avec Chaib Hammadi dans le cadre des émissions diffusées sur Atlantic Radio.


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