Lorsque j’ai refermé Tant que je peux te dire je t’aime, beaucoup auraient pu penser que l’histoire était terminée. Après tout, un roman a une fin. On écrit le dernier mot. On ferme le manuscrit. Et l’on passe à autre chose. C’est du moins ce que je croyais.
Mais, pendant que les lecteurs découvraient le destin de Rayan, une question continuait de m’accompagner. Une question simple : que devient un homme lorsqu’il a survécu à l’épreuve… mais que ceux qu’il aime doivent désormais apprendre à vivre avec son absence ?
Très vite, j’ai compris que je n’avais pas écrit la fin d’une histoire. J’avais seulement refermé un chapitre.
Car un autre personnage demandait déjà sa place.
Salim.
J’aurais pu raconter une nouvelle aventure. Créer un nouveau décor. Inventer de nouveaux conflits. Mais ce n’était pas cela qui m’intéressait. Ce qui me fascinait, c’était la transmission. Que reste-t-il d’un père dans la vie de son fils ? Que transmet-on sans même le vouloir ? Nos valeurs ? Nos blessures ? Nos silences ? Nos regrets ?
En commençant Aux portes des étoiles, je ne voulais pas écrire une suite. Je voulais changer de regard.
Le premier roman racontait principalement l’histoire d’un homme. Le second allait devenir celle d’un fils confronté à une absence dont personne ne connaît véritablement la nature.
Car il existe des disparitions qui empêchent le deuil.
Comment continuer à vivre lorsque l’on ignore si celui que l’on aime reviendra un jour ? Comment accepter une perte que rien ne confirme ?
Cette question m’a longtemps habité. Elle est devenue le cœur du roman.
À mesure que j’écrivais, je me suis aperçu qu’Aux portes des étoiles parlait moins de disparition que d’espérance. Cette étrange capacité de l’être humain à continuer d’attendre, même lorsque la raison lui souffle d’abandonner.
C’est sans doute pour cela que ce roman est profondément différent du premier. Il ne raconte pas seulement une nouvelle étape de la vie de mes personnages. Il explore ce que devient une famille lorsque l’absence s’installe et refuse de dire son dernier mot.
Avec le recul, je comprends que je n’ai jamais vraiment choisi d’écrire Aux portes des étoiles. Ce sont ses personnages qui sont venus me chercher. Ils avaient encore quelque chose à dire.
Et tant que leur histoire n’était pas achevée, la mienne, en tant qu’écrivain, ne pouvait pas l’être non plus.
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- 𝘈𝘶𝘹 portes des étoiles
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