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Chroniques et pensées littéraires de Rida Lamrini. Un regard humaniste et universel sur l'âme humaine et nos sociétés.
Literary chronicles and thoughts by Rida Lamrini. A humanist and universal look at the human soul and our societies.

mardi 19 mai 2026

Les Méandres de l’Oubli : quand la mémoire refuse de sombrer



Les Méandres de l’Oubli est le troisième volet de la fresque romanesque de Rida Lamrini. Après Tant que je peux te dire je t’aime et Aux portes des étoiles, ce roman poursuit le chemin ouvert autour de Rayan et de Salim, mais dans une tonalité plus sombre, plus tendue, presque crépusculaire.

Ici, l’amour, la filiation et la mémoire croisent le suspense, la Méditerranée, les trafics transfrontaliers et les secrets qui remontent des profondeurs. Le roman commence comme un thriller maritime, mais il s’enfonce peu à peu dans un territoire plus intime : celui de l’oubli, de l’identité perdue et des traces que les êtres laissent derrière eux.

Une nuit de tempête, un homme sans nom

Tout commence au large d’Almería, dans une nuit d’encre. La mer hurle, la pluie bat, des coups de feu éclatent au loin. André, pêcheur de Sète, et son fils Denis repêchent un homme à demi mort, blessé à la tempe, porté par un gilet de sauvetage. Il n’a ni papiers, ni nom, ni mémoire.

Ramené en France, accueilli dans la ferme familiale, l’inconnu demeure silencieux. Il semble présent et absent à la fois, comme suspendu entre deux mondes. Romy, la fille d’André, veille sur lui. Elle lui parle, l’observe, le protège. Très vite, ce qui devait être un geste d’humanité devient autre chose : une attente, un trouble, puis un amour fragile.

Une clé UBS au cœur du mystère

Dans les vêtements du naufragé, Romy découvre une clé ancienne portant trois lettres : UBS. Ce détail suffit à transformer le sauvetage en affaire. Le capitaine Roger Delmas, ami d’André, comprend que cette clé pourrait mener à un coffre parisien, à une étudiante marocaine nommée Samira, à son frère Jamal, à Lhaj, puissant patriarche du Rif, et à González, figure du crime organisé en Andalousie.

Le roman ouvre alors deux pistes parallèles. La première relève du suspense : fusillade en mer, cargaisons perdues, trafic de cannabis et de cocaïne, coopération policière entre France, Espagne et Maroc. La seconde est plus intime : qui est cet homme amnésique ? Pourquoi portait-il cette clé ? Que cherchait-il à rejoindre avant de tomber à la mer ?

Francès, ou l’homme qui revient lentement à lui-même

L’inconnu reçoit un nom : Francès. Ce nom provisoire devient presque une seconde naissance. Il permet à l’homme sans passé d’exister administrativement, mais aussi affectivement. Pour Romy, il n’est pas un dossier, ni une énigme policière : il est un être à sauver, puis un homme à aimer.

La mémoire revient par fragments. Elle ne surgit pas sous la forme d’un grand aveu, mais par éclats : un prénom, une image, un drapeau, une chanson. Les Beatles jouent ici un rôle essentiel. Leur musique agit comme une passerelle entre les années perdues et le présent. Une mélodie réveille ce que les interrogatoires ne peuvent atteindre. La mémoire, dans le roman, n’est pas seulement une affaire de faits. Elle est faite de sensations, de voix, de lieux, de gestes et de refrains.

Un roman de filiation

Les Méandres de l’Oubli prolonge la relation entre Rayan et Salim, au cœur des deux romans précédents. Rayan n’est plus seulement un personnage : il devient une présence qui traverse les livres, une voix, une trace, une énigme. Salim, devenu père à son tour, continue de porter cette question essentielle : que reste-t-il d’un père lorsqu’il disparaît ?

Le roman explore ainsi la filiation sous plusieurs angles : le père que l’on cherche, le fils que l’on n’a pas su rejoindre, la mémoire que l’on transmet malgré soi, les lignées qui se fissurent. Dans le Rif, le face-à-face entre Lhaj et Jamal montre une autre forme de rupture : celle d’un monde ancien confronté à l’ambition brutale d’une génération qui veut franchir d’autres frontières, au risque de tout perdre.

Le Rif, la Méditerranée et les routes du secret

La géographie du roman est l’un de ses grands ressorts. Almería, Sète, Montagnac, Paris, Gibraltar, le Rif et la mer d’Alboran ne sont pas de simples décors. Chaque lieu porte une fonction narrative et symbolique. La mer efface les traces, mais elle restitue aussi les corps. Paris réveille les souvenirs. Le Rif concentre les lignées, les fidélités, les trafics, les héritages et les ruptures.

Cette Méditerranée traversée par les hommes, les cargaisons et les secrets donne au roman son ampleur. Elle relie l’intime et le politique, le familial et le criminel, la mémoire personnelle et les violences du monde.

Pourquoi lire Les Méandres de l’Oubli ?

Parce que ce roman ne se contente pas de résoudre une énigme. Il pose une question plus profonde : qu’est-ce qui survit lorsque la mémoire se défait ? Un nom ? Une chanson ? Une clé ? Un amour ? Une phrase laissée derrière soi ?

À travers Romy, Francès, André, Roger, Salim, Rayan, Jamal, Samira, Lhaj et González, Rida Lamrini compose un récit où chaque personnage porte sa part d’ombre et de lumière. Certains cherchent à oublier. D’autres cherchent à savoir. Tous avancent dans les méandres d’une histoire qui refuse de disparaître.

Les Méandres de l’Oubli est un roman du suspense, de la mémoire et de la filiation. Il clôt une fresque romanesque où l’amour, la perte, le pardon et la transmission se répondent d’un livre à l’autre.

Découvrir la page du roman sur le site de Rida Lamrini


Cette réflexion s'inscrit dans l'univers de la fresque romanesque de Rida Lamrini.

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Aux portes des étoiles : un roman de filiation, de mémoire et de pardon


Aux portes des étoiles prolonge l’univers de Tant que je peux te dire je t’aime, mais en déplaçant le centre de gravité du récit. Après Rayan, voici Salim. Après l’amour conjugal, voici la quête du père. Après la blessure intime, voici le besoin de comprendre, de réparer, de transmettre.

Roman de filiation, de mémoire et de pardon, Aux portes des étoiles suit Salim après la disparition supposée de son père dans le vol NI480. Mais derrière le mystère aérien, derrière les échos du MH370, derrière les déplacements de Paris à Casablanca, de Kiev au Rif, se dessine une
question plus profonde : que reste-t-il d’un père lorsqu’il disparaît avant que tout ait été dit ?

Salim face à l’absence du père

Au bord du lac d’Annecy, Salim achève le dernier chapitre du roman de son père, Rayan. Dans une atmosphère presque surnaturelle, l’écriture devient un passage entre les vivants et les absents. Le fils croit avoir trouvé l’apaisement en accordant enfin au pardon la place que la douleur lui refusait jusque-là.

Mais la disparition de Rayan dans le vol NI480, entre Casablanca et Paris, rouvre toutes les blessures. Salim refuse d’admettre que son père ait pu disparaître sans laisser de trace. Il veut comprendre ce qui est arrivé à cet avion, pourquoi le mystère du NI480 semble faire écho à celui du MH370, et surtout pourquoi son père paraissait avoir pressenti sa propre disparition.

La quête de Salim n’est donc pas seulement une enquête. Elle est un acte de réparation. Il cherche son père, mais il cherche aussi à se réconcilier avec l’image qu’il s’était faite de lui.

Une quête intime sous forme d’enquête

Le roman avance entre réalisme, enquête familiale, drame intime et trouble fantastique. Salim suit des indices, rencontre des témoins, retrouve des proches, revisite les lieux du passé. Il croise Émilie, Florence, Axel, Anis, Khadija, Hachem, Abderrahmane, Amal et d’autres figures qui, chacune à sa manière, éclairent un fragment de l’énigme.

Le vol NI480 donne au récit une tension de mystère. Mais le véritable suspense est ailleurs. Il ne s’agit pas seulement de savoir ce qui est arrivé à Rayan. Il s’agit de savoir si Salim parviendra à transformer la culpabilité en amour, la blessure en mémoire, l’absence en présence intérieure.

C’est là que le roman prend sa dimension la plus forte. Il ne cherche pas uniquement à résoudre une disparition. Il interroge la manière dont un fils peut encore parler à son père lorsque celui-ci n’est plus là pour répondre.

Le pardon, sans facilité

Le pardon est l’un des grands thèmes du roman. Mais il n’est jamais présenté comme une injonction morale ou une formule magique. Salim porte en lui les blessures de l’inceste, l’amertume envers sa mère, la rupture avec son frère aîné, la culpabilité d’avoir coupé les ponts avec son père.

Le texte ne banalise pas la violence subie. Il montre plutôt que le pardon ne signifie ni oublier, ni excuser, ni effacer. Il peut être une reconquête intérieure, parfois fragile, parfois impossible, toujours douloureuse. Il permet peut-être de ne plus laisser le passé gouverner entièrement la vie.

À travers Émilie, le roman aborde aussi la parole des victimes, le silence familial, la difficulté de dire l’inceste et la nécessité de briser l’enfermement. Salim et Émilie se reconnaissent dans une même blessure, sans que leur relation soit réduite à cette douleur. Ils se rencontrent aussi dans la tendresse, la pudeur et le besoin d’être enfin compris.

Quand un roman naît d’un autre roman

Aux portes des étoiles est aussi un roman sur l’écriture. Le livre naît d’un autre livre. Salim prolonge le roman de son père, puis découvre que cette fiction a peut-être devancé la vie. L’écriture devient un espace de transmission, presque un lieu de communication entre les êtres séparés.

Rayan demeure présent à travers son roman, ses traces, ses apparitions, ses silences et les questions qu’il laisse derrière lui. Il n’est plus seulement un personnage. Il devient une voix, un appel, une énigme affective. Salim avance dans son sillage, comme si chaque page écrite par le père contenait une adresse secrète au fils.

Paris, Casablanca, Annecy, Gibraltar, Kiev et le Rif

Les lieux jouent un rôle essentiel dans le roman. Paris est le lieu de la reconstruction, des cafés, des rencontres et des blessures qui cherchent une parole. Le lac d’Annecy ouvre le récit sur une scène presque magique, où l’écriture semble franchir la frontière entre le visible et l’invisible.

Casablanca réveille l’enfance de Salim, les traces de Rayan, les contradictions du pays et les fantômes familiaux. Gibraltar condense le mystère du vol NI480. Kiev inscrit la quête dans une géographie plus large. Le Rif, enfin, devient un espace hautement symbolique : territoire de retrait, de révélation, de beauté et d’inachèvement.

Cette géographie donne au roman une respiration particulière. Les lieux ne servent pas seulement à déplacer les personnages. Ils déplacent aussi leur conscience.

Pourquoi lire Aux portes des étoiles ?

Parce que ce roman prolonge une fresque où l’intime rejoint le mystère, où la famille devient un territoire d’enquête, et où la littérature tente de réparer ce que la vie a brisé. Il s’adresse aux lecteurs qui aiment les romans de filiation, les récits de quête, les intrigues où la mémoire et le surnaturel se frôlent, ainsi que les œuvres qui abordent avec pudeur les blessures profondes.

Aux portes des étoiles touche parce qu’il pose une question simple et vertigineuse : comment aimer encore quelqu’un qui a disparu ? Et comment lui dire, malgré l’absence, ce que l’on n’a pas su lui dire à temps ?

Chez Rida Lamrini, les étoiles ne sont pas seulement au ciel. Elles sont aussi dans les liens qui survivent, dans les mots qui restent, dans les pardons que l’on tente d’arracher au silence. Ce qui, avouons-le, est tout de même plus intéressant qu’un simple trou noir familial.

Découvrir le roman : Aux portes des étoiles sur le site de Rida Lamrini




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Tant que je peux te dire je t’aime : un roman sur l’amour, le temps et les mots qui sauvent


Tant que je peux te dire je t’aime n’est pas seulement un roman d’amour. Ce serait trop simple, et l’amour, dans ce livre, n’a justement rien de simple. Le roman de Rida Lamrini explore ce moment fragile où une vie commune, longtemps portée par les habitudes, les enfants, les voyages et les souvenirs, commence à se fissurer de l’intérieur.

À travers le personnage de Rayan, homme mûr confronté à l’usure de son couple, à la solitude et au désir de renaître, le récit interroge ce qui reste de l’amour lorsque les mots se raréfient, lorsque les enfants quittent la maison, lorsque le silence finit par devenir plus lourd que les disputes. Le roman parle d’un couple, bien sûr, mais aussi d’une époque de la vie où l’on découvre que les liens les plus anciens ne sont pas forcément les plus solides.

Un roman sur l’amour lorsqu’il cesse d’être une évidence

Rayan quitte Casablanca pour Kuala Lumpur avec l’espoir de prendre de la distance avec une vie conjugale qui se défait. Marié depuis plus de trente ans à Camélia, père de trois fils devenus adultes, il sent que son monde intime perd peu à peu son équilibre. Le voyage devait l’aider à réfléchir, peut-être à sauver ce qui peut encore l’être, à revenir vers son épouse avec des mots neufs.

Mais à l’autre bout du monde, une rencontre inattendue avec Carla réveille en lui des sensations qu’il croyait enfouies. Cette parenthèse fulgurante n’est pas une simple aventure. Elle agit comme un révélateur. Rayan découvre qu’il est encore capable de désir, d’émotion, d’élan. Il découvre aussi, plus douloureusement, que se sentir vivant ne suffit pas à reconstruire une vie.

De retour au Maroc, il tente de renouer avec Camélia. Mais les blessures anciennes, les reproches, les départs et les non-dits continuent d’éroder leur lien. Ce que le roman montre avec finesse, c’est que le couple ne meurt pas toujours d’un grand drame. Il meurt parfois d’une lente accumulation de paroles manquées.

Rayan, ou l’homme qui cherche à recommencer

Rayan n’est pas un héros lisse. Il fuit, cherche, se trompe, recommence, vacille. Ses rencontres avec Carla, Dina, Samia, Laila et d’autres figures féminines ne sont pas de simples épisodes sentimentaux. Chacune lui renvoie une part de son manque, de ses illusions ou de sa soif de renaissance.

À travers elles, le roman interroge une question délicate : peut-on vraiment reconstruire une relation nouvelle lorsque l’on porte encore les ruines de l’ancienne ? Rayan cherche l’amour, mais il cherche aussi une confirmation plus intime : celle d’être encore vivant, encore désirable, encore capable de toucher et d’être touché.

Cette quête n’est jamais présentée comme une fuite facile. Elle est traversée par la culpabilité, le doute, la mémoire et la peur de l’échec. Le désir de renaissance se heurte sans cesse à ce que le passé refuse de laisser mourir.

Casablanca, ville mémoire

Dans Tant que je peux te dire je t’aime, Casablanca n’est pas un décor. Elle est une présence. La maison familiale, les rues de Gauthier, les cafés, les déplacements, la fatigue urbaine et les souvenirs donnent au roman un ancrage profondément marocain.

La ville reflète l’état intérieur de Rayan. Elle est à la fois refuge et étouffement, mémoire et désordre, attachement et lassitude. À travers elle, le roman s’inscrit pleinement dans la littérature marocaine contemporaine, non pas en décrivant Casablanca de l’extérieur, mais en la faisant résonner avec les fractures intimes de ses personnages.

Le voyage extérieur comme voyage intérieur

De Casablanca à Kuala Lumpur, de Cap de l’Eau à Moscou, de Paris aux rivages marocains, chaque lieu traversé par Rayan correspond à une étape de son parcours intérieur. Kuala Lumpur ouvre la brèche du désir. Cap de l’Eau devient l’espace d’une tentative de réconciliation. Moscou confronte la petite histoire conjugale aux secousses de la grande Histoire. Paris prolonge l’écho des séparations et des liens familiaux.

Les déplacements ne sont jamais décoratifs. Ils donnent au roman son ampleur, mais aussi sa respiration. Rayan voyage pour s’éloigner de lui-même, avant de comprendre que les fantômes les plus tenaces prennent toujours le même avion que nous. Eux aussi ont leur carte d’embarquement, hélas.

La paternité et la transmission

Si le roman commence comme une crise conjugale, il s’ouvre progressivement sur une dimension plus profonde : la paternité. Le titre prend alors toute sa force. Dire “je t’aime” ne concerne pas seulement l’amour entre un homme et une femme. Il concerne aussi le père et le fils, la mémoire, la transmission, le besoin de laisser une trace.

L’écriture devient un lien. Une lettre, un e-mail, un récit transmis, une phrase enfin dite peuvent déplacer une vie. Chez Rida Lamrini, les mots ne servent pas seulement à raconter. Ils servent à réparer, à rejoindre, à demander pardon, à survivre à l’effacement.

Pourquoi lire Tant que je peux te dire je t’aime ?

Parce que ce roman parle d’une expérience universelle : aimer, perdre, se souvenir, vouloir réparer, puis comprendre que certains liens ne se sauvent pas par la seule volonté. Il s’adresse aux lecteurs qui aiment les romans intimes, les récits de vie, les histoires de couple, les personnages traversés par leurs contradictions et les livres où la fiction devient une manière de penser l’existence.

Tant que je peux te dire je t’aime est un roman pour celles et ceux qui savent que les mots arrivent parfois trop tard, mais qu’il faut tout de même les prononcer. Dire l’amour, dire la douleur, dire la mémoire : c’est peut-être la seule façon de lutter contre le silence.

Découvrir le roman : Tant que je peux te dire je t’aime sur le site de Rida Lamrini


Cette réflexion s'inscrit dans l'univers de la fresque romanesque de Rida Lamrini.

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